Un blogueur azerbaïdjanais anti-corruption, militant pour la défense des droits de l'Homme, a affirmé mercredi avoir été passé à tabac par des inconnus et a dénoncé une tentative visant à le faire taire.
Mehman Huseynov, 26 ans, qui dirige l'ONG Institut pour la liberté et la sécurité des reporters (IRFS), a indiqué à l'AFP avoir été enlevé lundi soir par une dizaine d'hommes inconnus alors qu'il quittait un café du centre de Bakou.
"Ils m'ont scotché la bouche, mis un sac sur la tête, utilisé un taser électrique et m'ont embarqué dans la voiture", a-t-il raconté.
"Alors que nous étions en route, ils me battaient et je sentais le sang couler de mon nez", raconte le militant connu pour son blog dénonçant la corruption chez les députés et les hauts fonctionnaires.
"Ils pensaient que je céderais, que je demanderais pardon pour le travail que je fais", affirme M. Huseynov.
Le jeune homme dit avoir ensuite été amené à la police, avant de comparaître devant un tribunal et d'être condamné à une amende d'environ 105 euros pour les motifs "absurdes" d'avoir insulté un passant et désobéi aux injonctions des policiers.
"Je ne suis pas coupable", assure M. Huseynov, en précisant qu'il va faire appel de cette décision.
Son organisation IRFS a fermement condamné cet "acte de violence" et affirmé que l'attaque avait été commanditée par "de hauts fonctionnaires issus de l'élite dirigeante".
Emin Huseynov, journaliste d'opposition et frère de Mehman, avait quitté le pays en 2015 à bord de l'avion du ministre suisse des Affaires étrangères après avoir demandé refuge à l'ambassade de Suisse pour échapper à des poursuites criminelles qu'il qualifiait de politiquement motivées.
Les ONG de défense des droits de l'Homme critiquent régulièrement le régime du président Ilham Aliev, toute contestation provoquant aussitôt selon elles une réaction sévère des autorités.
Ilham Aliev, 54 ans, qui a pris la tête du pays en 2003 à la suite de son père Heydar Aliev, ancien chef du KGB local et membre du Politburo soviétique, rejette toute accusation de non respect des droits de l'Homme, et son gouvernement dénonce ces critiques comme une campagne de diffamation envers l'Azerbaïdjan.


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