La situation des droits de l'Homme à Hong Kong est la pire depuis la rétrocession de la colonie britannique à la Chine il y a 20 ans, a accusé mercredi Amnesty International. De plus en plus de Hongkongais ont le sentiment que Pékin augmente son emprise sur le territoire semi-autonome et que les libertés s'érodent.
Les droits se sont détériorés rapidement en 2016 et "sur plusieurs fronts", a déclaré Amnesty Hong Kong dans un rapport. L'organisation évoque l'absence d'enquête sur la disparition mystérieuse de cinq libraires qui vendaient des ouvrages critiquant les élites chinoises, réapparus ensuite sur le continent. L'absence d'enquête gouvernementale sur cette affaire en dépit des pressions des défenseurs des droits tranche avec le comportement adopté jusqu'alors par les autorités, qui étaient plus réactives, ajoute Amnesty.
Pékin s'est livré récemment à une rare interprétation de la Constitution hongkongaise, ce qui a conduit à la disqualification de deux parlementaires indépendantistes et pose question sur l'indépendance de la justice, note aussi AI. Hong Kong jouit depuis 1997 de libertés inconnues ailleurs en Chine en vertu du principe "un pays, deux systèmes" qui avait présidé à la rétrocession. Ce statut est censé durer jusqu'en 2047.
Les tentatives de la police pour empêcher les gens à exercer leur droit à se rassembler, ou des attaques de policiers contre des journalistes sont d'autres exemples témoignant d'une détérioration de la situation, relève le rapport.
"En termes d'Etat de droit et de liberté d'expression, c'est la pire année depuis la rétrocession" en 1997, a déclaré à l'AFP Mabel Au, directrice d'Amnesty Hong Kong. "Le gouvernement a la responsabilité de s'assurer que les citoyens peuvent exprimer leurs opinions sans craintes", dit le rapport, demandant aux autorités de ne pas invoquer "des lois obscures" pour intimider les gens.
Alors que Hong Kong va élire en mars son prochain chef du gouvernement, le rapport relève un taux de méfiance élevée envers la classe politique. "Le gouvernement de Hong Kong et les fonctionnaires doivent faire de la défense des droits des Hongkongais leur priorité", dit Amnesty.
L'organisation se dit aussi inquiète par le fait que le chef de l'exécutif Leung Chun-ying ait évoqué la possibilité que Hong Kong puisse quitter la Convention de l'Onu contre la torture qui demande au territoire de protéger les réfugiés susceptibles d'être persécutés en cas de retour. M. Lee réagissait aux critiques de certains députés qui estimaient que Hong Kong recevait trop de demandeurs d'asile.
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Droits de l'homme à Hong Kong : la pire situation en 20 ans, dit Amnesty
AFP / le 11 janvier 2017 à 13h58


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