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Liban

Législatives : La République s’empresse de rassurer Joumblatt

Liban

Pour des membres du bloc démocratique, la loi de 1960 reste préférable à la formule mixte.

11/01/2017

Les débats autour de la loi électorale, devenue le sujet de prédilection par excellence de la classe politique depuis l'élection du chef de l'État et la naissance du gouvernement, se sont transposés au cœur de la capitale saoudienne, Riyad, où se trouvaient hier en visite officielle le président Michel Aoun et sa délégation.

Selon des informations obtenues par l'agence al-Markaziya, une réunion a regroupé, en marge du programme de rencontres officielles, les ministres Ali Hassan Khalil, Nouhad Machnouk et Gebran Bassil là où ils séjournent, au palais des hôtes. Les discussions ont été axées sur la loi électorale, les participants ayant réitéré, en théorie une fois de plus, « la pertinence de la formule mixte », à savoir une combinaison du système majoritaire qui serait appliqué au caza et de la proportionnelle au niveau du mohafazat.

C'est dire l'importance que prend, de plus en plus, la question de la loi électorale au lendemain surtout du coup de gueule poussé par le chef du PSP, Walid Joumblatt, samedi dernier. Dans un tweet virulent, M. Joumblatt avait écrit : « Une composante fondamentale et historique du Liban (à savoir les druzes) ne peut pas être supprimée d'un trait de crayon dans le cadre de surenchères autour de la proportionnelle. » Son message, explique-t-on dans son entourage, ne visait vraisemblablement pas un ministre déterminé, mais plutôt l'ensemble de la classe aujourd'hui au pouvoir qu'il soupçonne de concocter une loi électorale dont il risque de faire les frais.

 

(Pour mémoire : Après le vote de confiance, les positions sur la loi électorale commencent à se décanter progressivement)

 

Le leader druze, dont les appréhensions se sont amplifiées au lendemain des nouvelles alliances politiques concoctées entre les trois pôles sunnite, chiite et chrétien dans le cadre du processus de l'élection présidentielle et de la formation du nouveau gouvernement, se méfie désormais de toute allusion faite de près ou de loin à la proportionnelle, quand bien même elle serait considérée dans le cadre d'un système mixte ou hybride.
Un retournement de situation surprenant lorsque l'on sait que le PSP était l'un des principaux défenseurs, aux cotés du courant du Futur et des FL, de la formule mixte, alliant le système proportionnel à 40 % au système majoritaire à 60 %.

Tout en continuant d'afficher leur appui de principe pour cette formule, des membres du bloc joumblattiste expriment aujourd'hui ouvertement leur préférence pour la loi de 1960, en vigueur. « Depuis le départ, nous avons clairement dit que la loi 1960 est préférable, quitte à y apporter quelques modifications », a déclaré hier à L'Orient-Le Jour un député maronite du bloc, Élie Aoun. Selon lui, il n'est absolument pas nécessaire de « provoquer tout ce remue-ménage pour adopter une nouvelle loi, sachant que le texte de 1960 fera, une fois de plus, l'affaire de tous », devait ajouter le député. Pour Élie Aoun, le bloc démocratique « applique déjà, à sa manière, une forme de proportionnelle en concoctant des listes panachées qui incluent les communautés chrétiennes représentées à Aley et dans le Chouf », d'où la futilité d'aller chercher plus loin. « Nous sommes même disposés à former des alliances électorales avec le CPL », a-t-il déclaré.

 

(Pour mémoire : Même les partis « alliés » ne sont pas d’accord sur le détail du mode de scrutin)

 

Pas de nouvelle loi sans le PSP
Hier, le chef des FL, Samir Geagea, s'est empressé de rassurer Walid Joumblatt en tweetant à son tour: « Nous n'accepterons aucune nouvelle loi qui ne contenterait pas le PSP », a-t-il dit. Une initiative qui a valu au leader chrétien un appel de remerciements de la part de M. Joumblatt qui a souligné à son interlocuteur la nécessité de coordonner les efforts dans l'objectif de parvenir à une entente autour d'une nouvelle loi. À signaler que la députée Sethrida Geagea est entrée en contact avec le leader druze pour également le rassurer.

C'était toutefois compter sans les réflexes d'autodéfense légendaires d'une autre figure politique druze, l'ancien ministre Wi'ab Wahhab qui a relancé la polémique sur son compte Twitter, en reprochant à Samir Geagea de chercher à « réduire la représentation de la communauté druze à la seule taille du PSP ». « Pourquoi M. Geagea soutient-il aujourd'hui cette politique d'exclusion dont lui-même a pâti ? » s'est interrogé M. Wahhab.

Les assurances données par le chef des FL viennent ainsi se greffer sur des indications données également par le mouvement Amal et le Hezbollah visant à rasséréner M. Joumblatt sur ce plan. Les deux formations chiites avaient précisé au leader druze que la proportionnelle intégrale ne sera pas adoptée, sachant cependant que le tandem chiite continue à promouvoir cette option dans ses discours publics.

À son tour, le chef du courant du Futur, Saad Hariri, a tenté de tranquilliser le leader du PSP en affirmant hier devant les membres du conseil de l'ordre de la presse que « M. Joumblatt est une composante du tissu national ». « Notre objectif est de rassurer l'ensemble des communautés, et non d'exacerber leurs appréhensions », a-t-il dit.

Mais le PSP reste méfiant, d'autant que l'échiquier des nouvelles alliances en place a ramené les compteurs des bulletins de voix à zéro, les calculs ayant radicalement changé depuis que la polarisation entre le 8 et le 14 Mars n'a plus lieu. C'est ce qui fera d'ailleurs dire à un membre du bloc joumblattiste que les doutes sont alimentés par le fait que « ce qui est publiquement annoncé n'a rien à voir avec ce qui se concocte en catimini », a-t-il dit.

 

 

Pour mémoire

Le Hezbollah chez Joumblatt « pour le rassurer » sur la loi électorale

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Jaber Kamel

Du calme joumgirouette , tu l'auras ton nonosse , comme l'a eu geagix ..

Bouez Chahine

Les chrétiens de Bint-Jbeil n'ont-ils pas droit à un tout petit bout de ce gâteau que l'on se distribue entre les grands de ce pays ?
Par exemple : Au lieu de transférer le siège maronite de Tripoli au caza de Batroun, il faudrait l'accorder aux chrétiens des villages frontaliers. Une deuxième solution : Prélever un siège maronite du quota kesrouanais et l'octroyer aux chrétiens de Bint-Jbeil.

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