X

Moyen Orient et Monde

Kushner, ou l’ascension fulgurante d’un gendre issu de l’establishment

Portrait

Trump a nommé lundi son gendre haut conseiller à la Maison-Blanche.

OLJ
11/01/2017

Il aura connu une ascension fulgurante : alors que Jared Kushner n'était jusqu'alors que le mari d'Ivanka Trump, il est désormais l'un des hommes les plus puissants des États-Unis en étant propulsé par son beau-père Donald Trump au poste de haut conseiller à la présidence.
Un communiqué a confirmé lundi soir cette nomination annoncée quelques heures plus tôt par les médias américains. M. Kushner, qui a renoncé à tout salaire pour la durée de ce poste, « a été un atout formidable et un conseiller de confiance pendant toute la campagne et la période de transition et je suis fier de l'avoir dans un rôle-clé de mon administration », a déclaré Donald Trump.
Tout juste 36 ans hier, le très élégant M. Kushner a des allures de premier de la classe, une voix douce et une discrétion qui trahit sa préférence pour les tractations en coulisses, comme en atteste son compte Twitter qui reste désespérément muet. S'il n'avait hérité comme le président élu d'un mini-empire immobilier, il pourrait sembler l'antithèse de son très provocateur beau-père. Pourtant, il y a des ressemblances : comme Trump, Kushner, issu d'une famille juive orthodoxe du New Jersey rescapée de l'Holocauste, a fait le pari de transformer l'entreprise familiale Kushner Companies en investissant à Manhattan. En 2007, il joue gros en rachetant une tour de la Ve Avenue pour la somme alors record de 1,8 milliard de dollars. Un pari qui a failli le ruiner, mais dont il s'est finalement sorti, se forgeant la réputation d'être dur et rancunier en affaires comme son beau-père.
Il a aussi été tenace avec Ivanka. Après avoir mis fin à leur liaison car elle n'était pas juive, il l'épouse finalement après sa conversion au judaïsme. Le couple, qui s'apprête à déménager de New York à Washington avec ses trois jeunes enfants, semble aujourd'hui en parfaite harmonie, à en croire l'image qu'en donne Ivanka sur les réseaux sociaux.

Loyauté apolitique
Longtemps moins connu que son épouse, Jared Kushner commence à s'impliquer dans la campagne de l'homme d'affaires fin 2015 et ne cessera ensuite de surprendre son monde par sa loyauté envers son beau-père. Loyauté d'autant plus surprenante que sa famille a beaucoup contribué aux campagnes démocrates. Et que son père a été emprisonné par l'ex-procureur général et désormais gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie – une épreuve qui a beaucoup marqué M. Kushner. M. Christie était un soutien très actif de Donald Trump pendant la campagne.
Mais il se veut apolitique. « Les gens dans le monde politique essaient de vous ranger dans des cases (...). Trump est en train de créer sa propre case, qui mélange ce qui marche et élimine ce qui ne marche pas », disait-il ainsi dans une récente interview au magazine Forbes, la seule qu'il ait accordée depuis l'élection. De fait, ce produit de l'establishment sorti de Harvard, résident de la prestigieuse Park Avenue, habitué à dîner avec une élite new-yorkaise globalement hostile à M. Trump, aurait eu une révélation en suivant son beau-père en meeting : il a pris conscience de la « bulle » dans laquelle il vivait en entendant la colère des participants, expliquait-il en décembre à des hommes d'affaires new-yorkais, selon New York Magazine.
De simple assistant de la campagne, il monte en puissance et pilote la promotion du candidat sur les réseaux sociaux. Fort de ses contacts dans les médias et la high-tech acquis via le New York Observer, un hebdomadaire racheté en 2006 très lu dans l'establishment new-yorkais, il forme une équipe qui réussira à mobiliser les fans de M. Trump et à décourager des électeurs potentiels de Hillary Clinton.
Après ce coup de maître, il sera élevé au rang de grand stratège et jouera un rôle-clé dans la composition de la future administration. Donald Trump n'a donc qu'officialisé son influence en le nommant haut conseiller, malgré les accusations de népotisme et de conflits d'intérêts à cause de ses entreprises. Mais comme M. Trump, M. Kushner renonce à toute rémunération. Pas forcément un sacrifice vu que la fortune familiale est estimée à au moins 1,8 milliard de dollars, selon Forbes.
Ses amis progressistes espèrent qu'il tempérera son imprévisible beau-père. M. Trump l'écoute au sujet des Affaires étrangères. Le futur président a ainsi déjà estimé que son proche conseiller pourrait l'aider à « être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens ».

(Source : AFP)

Lire aussi à la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Les enfants de Jacques Chirac

Décryptage de Scarlett HADDAD

Démission de Hariri : la fin d’un épisode, mais le feuilleton continue

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.