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Conflit

Grave pénurie d’eau à Damas, l’Onu dénonce « un crime de guerre »

Un attentat à Jablé fait 15 morts ; trois députés français aujourd'hui à Alep.

Une voiture piégée a fait une quinzaine de morts hier à Jablé, dans la province de Lattaquié, bastion traditionnel du régime syrien. Photo AFP

L'Onu a dénoncé hier comme un « crime de guerre » la privation d'eau potable infligée aux 5,5 millions d'habitants de la capitale syrienne Damas, où la pénuries s'aggravent en raison de combats entre régime et rebelles.
Le régime tente ainsi de s'emparer de Wadi Barada, une localité rebelle proche de Damas, où se trouvent les principales sources d'eau potable pour la capitale. Il accuse les rebelles de « contaminer au diesel » les réserves d'eau et de couper l'approvisionnement. Les insurgés affirment que les bombardements du régime ont détruit les infrastructures. À Genève, Jan Egeland, chef du groupe de travail de l'Onu sur l'aide humanitaire en Syrie, a souligné qu'il était difficile de savoir quel camp était responsable de cette situation. « À Damas seule, 5,5 millions de personnes ont vu leur approvisionnement en eau coupé ou bien réduit parce que les sources de Wadi Barada sont inutilisables en raison des combats ou d'actes de sabotage, ou des deux », a-t-il dit. « Nous voulons y aller, nous voulons enquêter sur ce qui s'est passé, mais avant tout, nous voulons rétablir l'eau », a-t-il poursuivi. « Le sabotage et la privation d'eau sont évidemment un crime de guerre, car ce sont les civils qui la boivent et ce sont des civils qui seront touchés par des maladies si elle n'est pas rétablie ». « On se plaignait avant des coupures d'électricité, mais maintenant, on s'aperçoit que ce n'est rien comparé à l'absence d'eau potable, car l'eau c'est la vie », affirme Faez, un employé municipal de 50 ans habitant Damas.
Conséquence du manque d'eau dans la ville, le prix de l'eau minérale a flambé: le prix d'un pack de six bouteilles de 1,5 litre a quasiment doublé, passant de 650 livres syriennes (1,3 USD) à 1 000 livres (2 USD). « Je n'ai pas pu prendre de douche et faire de lessive depuis une semaine. Je préfère garder le peu d'eau dans mon réservoir pour la cuisine et la vaisselle », affirme Riham, une employée de 49 ans habitant Doumar, un quartier du nord de Damas.
Depuis le 20 décembre, les troupes du régime aidées du Hezbollah cherchent à reprendre aux rebelles la localité de Wadi Barada, à 15 km au nord-ouest de Damas, soumise à un déluge de feu, selon l'OSDH. Le régime affirme que le groupe jihadiste Fateh el-Cham, exclu de l'accord de trêve, y combat avec les rebelles, ce que ces derniers nient. L'opposition syrienne en exil a, elle, appelé le Conseil de sécurité de l'Onu à faire cesser « immédiatement » les « violations du régime ».
Ces combats constituent une violation de la nouvelle trêve en Syrie censée ouvrir la voie à des négociations sous l'égide de la Russie, la Turquie et l'Iran, en vue d'un règlement du conflit. Même si les violences ont cessé sur la plupart des fronts ou baissé d'intensité à la faveur du cessez-le-feu entré en vigueur le 30 décembre, elles continuent de tuer des civils.
Pour le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, l'intensité des combats est nettement plus faible depuis le début du cessez-le-feu « malgré les violations », et « le bilan des pertes humaines a beaucoup baissé ». « Les adversaires évitent l'escalade pour ne pas être accusés par leurs parrains d'être responsables de l'échec de la trêve », selon lui.
Pour Karim Émile Bitar, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris, « depuis quelques années, les cessez-le feu en Syrie sont devenus un moyen de continuer la guerre par d'autres moyens. Pour l'instant, le dernier est branlant mais ne s'est pas effondré ».
Par ailleurs, à Jablé dans la province de Lattaquié, un attentat à la voiture piégée a fait 15 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH. L'explosion a dévasté de nombreux voitures et magasins dans cette ville située au bord de la Méditerranée, précisent les médias officiels.
Sur le plan diplomatique, trois députés français se rendent aujourd'hui à Alep pour marquer leur « solidarité avec les chrétiens d'Orient » à l'occasion de la célébration de la Noël arménienne, ont-ils annoncé hier. Les députés de droite Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq et Jean Lassalle ont précisé qu'il s'agissait d'une « initiative strictement personnelle », alors que la France soutient officiellement l'opposition syrienne modérée face au régime de Bachar el-Assad. Les députés rencontreront également au cours de leur déplacement « divers responsables politiques » à Alep et Damas, indique leur communiqué, sans plus de précision.
(Source : AFP)


L'Onu a dénoncé hier comme un « crime de guerre » la privation d'eau potable infligée aux 5,5 millions d'habitants de la capitale syrienne Damas, où la pénuries s'aggravent en raison de combats entre régime et rebelles.
Le régime tente ainsi de s'emparer de Wadi Barada, une localité rebelle proche de Damas, où se trouvent les principales sources d'eau potable pour la...

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