Lewandowski marque le dernier but du Bayern face au RB Leipzig qui, balayé 3 à 0 à l’Allianz Arena, espérait pourtant continuer sur sa lancée et revenir de Munich avec un bon résultat. Mais Alcantara, Alonso et Lewandowski sont passés par là et ont coupé court aux rêves de l’équipe-surprise de la Bundesliga cette saison. Michaela Rehle/Reuters
Un Bayern qui n'est plus si souverain, un Leipzig affolant, un magicien nommé Dembélé, une course à l'Europe effrénée : pour ces quatre raisons, les fans de foot comptent les jours avant la reprise de la Bundesliga le 20 janvier. Et Munich, qui reste sur quatre titres de champion consécutifs, ne survole pas le championnat comme certains l'avaient craint. Grâce au RB Leipzig, qui a même pris la tête durant trois semaines en novembre-décembre, le suspense reste entier à mi-parcours.
Le Bayern a perdu le premier Klassiker de l'année à Dortmund (1-0) et les critiques n'ont pas épargné Carlo Ancelotti, le coach aux trois Ligues des champions qui a remplacé Pep Guardiola à l'intersaison. Même s'il est en tête, le Rekordmeister est beaucoup moins dominateur, le manque de rythme et de mordant dans son jeu a parfois été criant. Une phrase que l'on a souvent entendue cette année dans la bouche des dirigeants ou des joueurs, même après une victoire ? « Aujourd'hui, nous n'avons pas vu le vrai Bayern. »
Les matches de la phase retour et la Ligue des champions diront si Ancelotti réussira à ressusciter « le vrai Bayern », comme il l'a fait pour battre Leipzig 3-0.
Red Bull s'attaque au foot
Après avoir conquis la formule 1, l'empire sportif Red Bull s'attaque au football. Les RB de Salzbourg, New York ou du Brésil n'étaient que des apéritifs. Leipzig vise beaucoup plus haut et espère devenir un jour le rival patenté du Bayern sur la scène nationale et européenne.
Sur deux points importants, le RB Leipzig donne tort à ses détracteurs, qui l'accusent de dévoyer la tradition « populaire » du foot allemand. D'abord, l'équipe, contrairement à d'autres formations financées par des mécènes, a derrière elle un public fidèle, nombreux et connaisseur. Car la ville de Leipzig a toujours été une ville de football, depuis l'époque de l'Allemagne de l'Est.
Ensuite, l'argent de Red Bull n'a pas été investi pour acheter des stars, mais bien pour former des jeunes. Le centre de formation de Leipzig est déjà réputé pour être l'un des meilleurs d'Allemagne et l'équipe première est la plus jeune de Bundesliga, avec une moyenne d'âge qui dépasse à peine les 23 ans.
Dembélé, magicien
La révélation de la saison en Bundesliga est un jeune Français de 19 ans arrivé de Rennes à l'intersaison : Ousmane Dembélé, qui régale match après match avec le Borussia Dortmund.
Dribbles de folie, passes décisives millimétrées, énormes progrès dans le travail de pressing défensif, Dembélé fait l'admiration de son entraîneur Thomas Tuchel, qui soufflait début décembre : « Ce qu'il nous a donné jusqu'à maintenant, l'expression de son immense talent, on ne s'y attendait pas, on ne pouvait pas s'y attendre. »
Encore frêle physiquement et parfois nerveux sur le terrain, le jeune homme va se frotter dès février aux joutes des matches à élimination directe de Ligue des champions. Si Dembélé confirme, Dortmund peut rêver.
Course saignante
En Allemagne, les trois premières places donnent un accès direct à la Ligue des champions, la quatrième au tour préliminaire. Munich et Leipzig ayant pour le moment une solide avance, les places vont donc devenir très chères pour accrocher le bon wagon.
Le Borussia Dortmund, qui peine à enchaîner les matches de C1 et de championnat, est actuellement 6e, à trois points du podium. Si le titre paraît déjà fort loin, la troisième place est encore à portée de tir. Mais la concurrence sera plus que rude, puisque cinq équipes sont au coude à coude pour la dernière marche du podium. À la trêve, le Hertha Berlin mène la danse avec 30 points, devant Francfort (29), Hoffenheim (28), Dortmund (27) et Cologne (28).
(Source : AFP)

