Liban

Lancement d’un projet de dispensaire à Kfarhay (Batroun), financé par le conseil départemental de l’Eure

22/12/2016

Une délégation française présidée par le président du conseil départemental de l'Eure, Sébastien Lecornu, accompagné du député français Élie Aboud, originaire du village de Kfarhay (caza de Batroun), a effectué récemment une visite dans cette petite localité maronite de Batroun.
À l'initiative du parlementaire franco-libanais, le président Lecornu a offert la somme de 90 000 euros pour la rénovation et l'équipement d'une ancienne maison délaissée appartenant au diocèse de Batroun, destinée à devenir un dispensaire pour les nécessiteux.
« Le lien particulier qui unit la France et le Liban est plus qu'amical, il est fraternel, ancien, puissant... » C'est en ces termes que Sébastien Lecornu a mis l'accent sur le développement historique de la relation bilatérale, évoquant sa relation personnelle avec le pays du Cèdre. « Le peuple français, le département de l'Eure en Normandie (600 000 habitants) que je préside portent un intérêt majeur à la crise libanaise, à la situation explosive au Moyen-Orient et en Syrie, a-t-il souligné au cours de la visite à Kfarhay. Il s'interroge davantage sur la vie quotidienne des Libanais, des populations déplacées, des réfugiés et sur leurs problèmes de santé. Alors que le Liban affronte les conséquences de la crise syrienne, nous sommes ici aujourd'hui pour lui exprimer notre soutien puisqu'il a besoin de ressources et de fonds supplémentaires afin d'étendre les services de santé. Le peu que chacun peut faire est une goutte nécessaire pour soulager les misères... »
Et Sébastien Lecornu de poursuivre : « Certaines régions au Liban (tout comme en France d'ailleurs) souffrent de désertification médicale, de carence en médicaments, de manque de permanence de soins... D'où notre résolution de créer un dispensaire où seraient prodigués les soins nécessaires à la population locale, notamment aux enfants démunis du Village SOS de Kfarhay. Ce qui s'inscrit dans le cadre de notre compétence en Normandie, en matière de protection infantile et maternelle. »

Financement du projet
À la question de savoir comment le projet sera financé, Lecornu a expliqué « qu'à l'instar du Sénégal, du Madagascar..., les fonds (90 000 euros) seront versés à partir d'un budget alloué annuellement par le Conseil départemental à la Coopération décentralisée : mode de convention entre une collectivité locale française et une autre locale étrangère, dans un but d'action humanitaire, d'aide sanitaire, d'assainissement des eaux... dans un mouvement de solidarité et de fraternité. Toutefois, cette coopération décentralisée n'a de sens que si elle s'inscrit dans une perspective de durabilité et de développement à long terme », a-t-il précisé.
Le plus jeune président des conseils départementaux de France s'est engagé à poursuivre cette aventure dans le cadre de son budget de fonctionnement départemental (650 millions d'euros). Il a conclu en remerciant le député franco-libanais de l'Hérault, Élie Aboud, son éclaireur sur ce sentier, ainsi qu'Antoine Maalouf (gynécologue) pour ses efforts incessants dans l'établissement de conventions de coopération médicale entre le Liban et la France, notamment à Montpellier, et Walid Harb pour sa médiation... Il a également remercié très chaleureusement le parrain de ce projet, Mgr Mounir Khairallah, évêque du diocèse maronite de Batroun.

L'amour de la France ancré dans les esprits
Après une visite qualifiée de « républicaine » aux représentants de la municipalité, et à son président Georges Akl, la délégation française s'est rendue dans la vieille bâtisse afin d'assister à la présentation technique de l'architecte, suivie de l'allocution de Mgr Khairallah, qui s'est dit « reconnaissant pour la subvention octroyée en ces temps de difficultés économiques et sociales ». « Cela s'inscrit parfaitement dans le sillage de vos ancêtres, les responsables français, et dans le lissage de l'amitié séculaire entre nos deux pays et nos deux peuples, a souligné Mgr Khairallah. Les temps aujourd'hui ne sont plus les mêmes qu'en 1891, mais l'amour de la France reste ancré dans nos esprits et dans ceux de nos concitoyens de Batroun... »
Par la même occasion, Mgr Khairallah a dévoilé une lettre d'un dirigeant français du XIXe siècle, portant sur ses activités en faveur des séminaires maronites du collège Saint-Jean-Maroun de Kfarhay (des dizaines de bourses du gouvernement français...), découverte dans les archives de ce bâtiment et demeurant encore d'actualité aujourd'hui.
Prenant la parole à son tour, Élie Aboud a évoqué « le lien entre les deux peuples » et a exprimé son bonheur de voir son pays actuel aider sa terre natale sur un fond de projet médico-social, révélant son implication personnelle et future pour cette structure : « Je suis soignant. Cette prise en charge est certes une petite pierre à l'édifice, mais cette pierre m'est chère. Dans la vie, il faut faire, continuer à faire, à avancer et on n'a pas le droit de laisser les gens au bord de la route. »
Par ailleurs, il a déclaré « son admiration pour la générosité du peuple libanais, par ces temps de divisions sociétales, de montée de l'islamisme... Le Liban est un des pays les plus fortement touchés par la crise syrienne avec près d'un million et demi de réfugiés disséminés sur tout le territoire ».

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