L'opposition sud-soudanaise a salué vendredi l'appel du président Salva Kiir à un "dialogue national" visant à rétablir la paix, trois ans après le début de la guerre civile, mais a exclu qu'il soit mené par le chef de l'Etat.
"La direction du SPLM/A-IO (opposition) salue le dialogue national comme un moyen de parvenir à la paix, mais il ne doit pas être mené par le président Salva Kiir", a déclaré dans un communiqué Nyarji Roman, porte-parole de l'opposition.
Mercredi, le président Kiir avait lancé un "dialogue national" ouvert à tous. Il avait promis de garantir la sécurité de tous les acteurs qui y participeraient, "y compris ceux qui sont actuellement hors du pays, dont certains qui sont opposés au gouvernement".
Son discours consensuel, lors duquel il a notamment demandé à ses concitoyens de le "pardonner pour toutes les erreurs" qu'il pourrait avoir commises, masquait cependant mal le fait que les violences ont repris de plus belle ces dernières semaines. Et son annonce est intervenue alors que le Soudan du Sud est entré jeudi dans sa quatrième année d'une guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de trois millions de déplacés.
Le conflit avait été amorcé par des combats le 15 décembre 2013 entre des unités rivales de l'armée, minée par des antagonismes politico-ethniques alimentés par la rivalité à la tête du régime entre M. Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.
Après de violents affrontements en juillet à Juba, qui ont signifié l'échec d'un accord de paix signé en août 2015, M. Machar a fui le pays. Il a appelé fin septembre à la reprise de la lutte armée et est depuis exilé en Afrique du Sud.
Dernièrement, les combats se sont étendus en particulier à la région jusque-là épargnée de l'Equateur-Central, où de nombreuses atrocités à caractère ethnique ont été recensées. Des experts de l'Onu ont ainsi rapporté au début du mois qu'un "nettoyage ethnique" était en cours dans plusieurs régions du Soudan du Sud.
Les observateurs s'attendent par ailleurs à ce que les combats s'intensifient encore avec le retour de la saison sèche qui commence, les deux camps s'y étant préparés en recrutant, parfois de force, de nouveaux soldats.
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Soudan du Sud : l'opposition salue le "dialogue national", mais rejette le président Kiir
AFP / le 16 décembre 2016 à 16h08


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