Photo AUB
Les dernières condoléances et tristes affections ont été exprimées à la mémoire de Mounir Abou-Haïdar, mort tout récemment aux États-Unis. Le moment n'est-il pas venu de lui rendre un juste hommage de la part des autorités officielles ?
Cet homme, natif de Hammana, c'est-à-dire d'un Mont-Liban représentatif de toutes les communautés religieuses et de toutes les tendances politiques d'un pays profondément arabe et démocratique, a rendu d'éminents services à la nation. Partant d'un capital-pécule de 175 000 livres libanaises, il est parvenu à créer la T.M.A., une société de transport aérien spécialisée dans les marchandises dont le chiffre d'affaires a fini par dépasser plusieurs centaines de millions de livres qui, à l'époque, étaient plus appréciées que les dollars américains. Cette organisation, classée à l'époque numéro deux mondiale, a compté dans ses rangs deux mille salariés, des dizaines de pilotes et d'hommes d'équipage pour douze avions. Elle a desservi les aéroports de plusieurs capitales et villes dans le monde ainsi que celui de Beyrouth où elle a construit l'un des plus grands hangars du Moyen-Orient. Elle a également encouragé l'exportation des raisins et des pommes du Liban et distribué de nombreuses bourses scolaires et universitaires – entre autres fondations.
Mounir Abou-Haïdar a encouru à une époque connue de tous des risques personnels et sociétaires assez graves pour l'inciter à se défaire de sa compagnie et à émigrer en s'exilant pratiquement. Son Excellence le président de la République, assisté du ministre (sortant) des Travaux publics, pourrait, s'il veut bien, reconnaître ces mérites et encourager des exemples similaires, faire donner le nom de Mounir Abou-Haïdar à la section « marchandises » de l'aéroport du Liban, ou lui attribuer une haute distinction ou bien prendre une autre mesure de son choix. Nous savons que le président Michel Aoun n'a jamais hésité devant un geste d'intérêt national.
Henri MOUKHEIBER


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Henri Moukheiber est toujours à l'affût de tout ce qui sublime l'Histoire de la patrie. Son frère, feu Farid, ne l'était pas moins. Le Liban a toujours besoin de grands patriotes comme vous !
14 h 52, le 16 décembre 2016