La faculté de gestion hôtelière de l'ULS, à Achrafieh, occupe un imposant édifice de 10 étages étendu sur un espace de 1 500 m2. Aussitôt la porte du bâtiment principal franchie, un large lobby met le visiteur dans l'ambiance d'un hôtel 5 étoiles. Derrière un comptoir en marbre, des horloges murales affichent les heures de Londres, New York et Lausanne. Depuis sa création par Mgr Joseph Merhej, directeur de l'ULS à cette époque, la faculté de gestion hôtelière est affiliée à l'École hôtelière de Lausanne (EHL). « Aucune décision n'est prise sans l'accord de Lausanne », indique Tanios Kassis, doyen de la faculté depuis 2005 et qui est lui-même un professionnel de l'hôtellerie. Les professeurs libanais partent régulièrement en Suisse pour des formations continues tout au long de l'année. À leur tour, les experts suisses visitent fréquemment la faculté au Liban et s'assurent que l'enseignement se fait selon les normes et les standards de l'Université de Lausanne. Un contrôle inévitable qui permet à la faculté de gestion hôtelière de l'Université La Sagesse de maintenir sa place en pole position dans cette spécialisation au Liban.
Parmi les matières offertes en licence figurent : l'œnologie, l'hygiène, le marketing, la comptabilité, l'économie, la statistique, le tourisme, les langues étrangères, le savoir-vivre, le protocole et l'étiquette, l'architecture intérieure, les traditions et les coutumes des différents pays du monde... Certains cours ont lieu dans des salles de classe aménagées en chambres d'hôtel de 5, 4 ou 3 étoiles. 45 chambres au total. D'autres cours, plus classiques, se déroulent dans des salles polyvalentes : un auditorium, une salle de laboratoire, des salles de classe, mais également une cuisine. Cette dernière a les normes exigées d'une cuisine professionnelle. Divisée en plusieurs parties, dont la cuisine satellite par où passent les viandes conservées soigneusement selon les critères internationaux. Un autre rayon est réservé aux légumes et aux fruits. Et un troisième à la pâtisserie. Ces pavillons sont annexés à trois restaurants : le premier gastronomique, le deuxième protocolaire et la cantine. Quant à la buanderie, elle est entièrement équipée de machines à laver et de sèche-linge, où l'on apprend l'art de laver, repasser, plier et poser le linge ; pas forcément pour y mettre personnellement la main plus tard, mais pour savoir diriger et gérer le personnel suivant les règles de base du service à la clientèle.
Larges horizons et multiples débouchés
« La licence est d'une durée de 3 ans. La formation est assez intense. Il faut que l'étudiant soit très motivé », affirme Tanios Kassis. Pour être accepté, le candidat doit avoir un baccalauréat. Il est soumis à un entretien d'une heure entière avec un jury. Ce dernier décidera si le profil du postulant répond aux demandes et exigences de la faculté qui compte aujourd'hui 160 étudiants. Joe Khoueiry, 21 ans, est en 3e année de gestion hôtelière. Il confie avoir hâte d'intégrer le domaine du travail. « Ici, nous suivons simultanément des cours théoriques, d'autres technologiques et nous faisons de la pratique. Ce qui fait de ce cursus un programme plus que complet. » En effet, au cours de leur formation, les étudiants suivent des stages pendant les 3 années d'études. Le premier se veut un stage de base (aliments et boissons). Les suivants sont d'ordre administratif (chambres, réception, finance, publicité et médias). « En première année, on n'impose pas de voyages à l'étranger. L'étudiant qui vient d'entamer ses études n'a pas encore le courage de voyager seul », indique M. Kassis. Cependant, les années suivantes, l'apprenant doit obligatoirement trouver lui-même des stages à l'étranger. Une exigence de l'EHL. Certains apprenants sont ainsi partis en Chine, en Malaisie, au Brésil ou, plus proches du Liban, dans des pays européens.
Léa Madani, elle aussi en 3e année, se réjouit que sa faculté soit affiliée à Lausanne. « Je recevrai un diplôme certifié et signé par l'EHL. C'est le top », se félicite-elle avec un grand sourire. Pour Omar Fahmi, 21 ans, ce qui compte sont les multiples débouchés de travail dans ce domaine. Les licenciés en gestion hôtelière peuvent travailler dans les hôtels, les restaurants, les aéroports, les compagnies de consultation, les agences de voyages et de tourisme, les départements de ressources humaines, les compagnies de finances et de publicités... « Les sociétés d'architecture peuvent également offrir des possibilités d'emploi aux licenciés en gestion hôtelière. Comment partager l'espace dans un hôtel, ou aménager un restaurant, une pâtisserie ou un hôpital », affirme M. Kassis avant d'ajouter : « Je connais une compagnie pharmaceutique qui a embauché un jeune diplômé en hôtellerie. On avait besoin de quelqu'un capable d'accueillir et de traiter le client avec grâce et amabilité. C'est tout un art ! » Par ailleurs, les diplômés qui désirent poursuivre leurs études peuvent continuer en master.
Avec dix ans à la tête de la faculté, M. Kassis est particulièrement proche des étudiants qu'il connaît chacun par son prénom. L'accessibilité du doyen, sa disponibilité pour les apprenants et le personnel, mais également sa rigueur et ses exigences notamment en termes de propreté, d'hospitalité, de professionnalisme et d'impeccabilité font de cette université un modèle d'accueil et de savoir-vivre digne des meilleurs hôtels. « Si je passe dans un couloir et que je trouve un papier par terre, je le ramasse ; et cela s'applique à chacun de nous au sein de l'université. La propreté, la politesse et l'attention au détail sont des éléments essentiels et indispensables dans ce métier. » Et de conclure : « L'hôtellerie est en ce moment le seul métier au monde en pleine croissance. Il y a un milliard deux cent mille touristes au monde chaque année. Donc si on a envie de travailler, il y a du travail. Beaucoup de travail ! »


