L’athlète éthiopienne Almaz Ayana, championne olympique du 10 000 m au Brésil avec à la clé un record du monde qui tenait depuis 23 ans (29’ 17’’ 45/100es), a été sacrée athlète féminine de l’année par l’IAAF. Chez les hommes, c’est sans surprise que le sprinteur jamaïquain Usain Bolt (triple champion olympique pour la 3e fois consécutive à Rio) a remporté pour la 6e fois le titre d’athlète masculin de l’année. Valéry Hache/AFP
Cernée par les affaires de dopage et de corruption, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) espère avoir trouvé la parade avec l'adoption, samedi, d'un train de réformes comprenant notamment la création d'une unité indépendante chargée des questions de dopage et d'intégrité. « C'est un moment très important dans l'histoire de notre sport » : le président de l'IAAF, Sebastian Coe, s'est voulu solennel après le vote des membres de l'instance réunis en congrès extraordinaire à Monaco.
L'heure est grave en effet pour une organisation qui n'en finit pas de se débattre avec les scandales à répétition. Il y a d'abord eu les révélations concernant un vaste système de dopage d'État en Russie, suspendue et privée des JO de Rio. Puis, dans la foulée, l'implication de hauts responsables de l'IAAF, soupçonnés d'avoir couvert ces agissements en échange d'argent, au premier rang desquels l'ancien président Lamine Diack, poursuivi pour corruption et blanchiment aggravé, et son fils Papa Massata Diack, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé par la justice française. Face à ce climat délétère, la réponse de l'IAAF se veut à la hauteur des enjeux.
La nouvelle entité indépendante ainsi créée devrait gérer l'ensemble des questions relatives au dopage et à l'intégrité des acteurs de l'athlétisme. Elle aura la responsabilité de la réalisation des tests, des enquêtes et de la promulgation des résultats pour tous les athlètes de niveau international et leur encadrement personnel. Les autres mesures, approuvées par 180 fédérations nationales (10 ont voté contre et 5 bulletins n'ont pas été validés), comprennent notamment une limitation des mandats du président à 12 ans et la parité entre hommes et femmes parmi les 26 membres du conseil de l'IAAF (le gouvernement de l'instance) à partir de 2023, avec la nomination de deux vice-présidents de chaque sexe.
Geste « audacieux »
Symbole toutefois du travail qui reste à mener dans ce domaine : seulement 3 femmes ont pris la parole devant le congrès, sur les 42 interventions effectuées avant le vote sur les réformes. Celles-ci ont d'ailleurs été rejetées par l'Arabie saoudite, alors que le Qatar, hôte des Mondiaux d'athlétisme en 2019 et lui aussi sous le coup d'accusations de corruption pour l'obtention de cette épreuve, a voté pour.
Le quotidien français Le Monde a révélé, le 25 novembre, le versement par le fonds d'investissement Qatar Sports Investments (QSI) de près de 3,5 millions de dollars à la société de marketing sportif Pamodzi Sports Consulting, dirigée par Papa Massata Diack, quelques semaines après l'annonce de la candidature de Doha pour les Mondiaux 2017, finalement attribués à Londres. Fin octobre, l'IAAF avait indiqué qu'elle ne pousserait pas son enquête sur les accusations de corruption visant le Qatar, une enquête préliminaire n'ayant pas apporté de preuve pertinente.
« Je n'aurais pas réclamé des changements si je ne pensais pas que nous en avions besoin. Je veux des vérifications. Je ne veux pas être dans un bureau à choisir la moquette tout en étant déconnecté des dépenses. Trop de pouvoirs ont été concentrés entre les mains de trop peu de personnes », a lancé Coe après le vote. L'ancienne vedette du demi-fond britannique (double champion olympique du 1 500 m) a surtout reçu l'onction de la superstar de l'athlétisme, Usain Bolt : « Je sais que Sebastian Coe est en train de rendre l'athlétisme plus transparent. C'est un geste audacieux de sa part. Cela permettra d'augmenter la confiance des gens dans ce sport. »
(Source : AFP)
Asics, nouveau partenaire de l'IAAF
L'équipementier japonais Asics est devenu le nouveau partenaire de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) en remplacement d'Adidas, a annoncé samedi l'IAAF. La marque équipera les volontaires et les officiels lors des événements organisés par l'IAAF. La durée et le montant du contrat n'ont pas été précisés. Signé en 2008, le partenariat avec Adidas courait jusqu'en 2019. Le départ d'Adidas intervient dans un contexte troublé pour l'IAAF.

