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Clash gauche-droite en France autour des sites internet anti-avortement

Les députés français débattent jeudi d'un texte visant à pénaliser les sites de "désinformation" sur l'avortement, un sujet remis au premier plan par les réserves exprimées par le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon.

L'ancien Premier ministre, qui selon les sondages a de bonnes chances d'entrer à l'Elysée dans cinq mois, n'a pas l'intention de toucher à la loi de 1975 ayant légalisé l'interruption volontaire de grosses (IVG), mais a expliqué que "compte tenu de sa foi catholique", il ne pouvait "pas approuver l'avortement". Cette position lui a valu de vives critiques de la gauche et des associations féministes, mais a séduit une partie de l'électorat catholique traditionnel.

Dans ce contexte, l'Assemblée nationale a entamé jeudi l'examen d'une proposition de loi socialiste qui vise à étendre le "délit d'entrave à l'IVG" à certains sites internet. Créé par une loi de 1993, ce délit sanctionne le fait d'empêcher ou de tenter d'empêcher une IVG en perturbant l'accès aux établissements ou en exerçant des menaces sur le personnel ou les femmes concernées. Sur internet, selon la proposition de loi, il sanctionnerait la divulgation d'informations "faussées" dans le but de dissuader les femmes d'avorter.

"Chacun est et reste libre d'affirmer son hostilité à l'avortement, sur Internet ou ailleurs. A condition de le faire en toute honnêteté, car la liberté d'expression ne peut se confondre avec la manipulation des esprits", a lancé la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol à l'ouverture des débats.
Selon elle, "des groupuscules anti-IVG (...) avancent désormais masqués, dissimulés derrière des plateformes d'apparence neutre et objective, qui imitent et concurrencent les sites institutionnels d'information" et "cherchent délibérément à tromper les femmes".

L'opposition de droite a déjà fait savoir qu'elle voterait contre le texte pour "deux raisons": "d'abord, il est parfaitement contraire à la liberté d'expression", a jugé le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau. "Et il est aussi contraire, je crois, à l'esprit de la loi Veil (de 1975, ndlr) qui prévoyait une information, y compris sur les alternatives" à l'avortement, a ajouté ce proche de François Fillon.
La hiérarchie catholique a également exprimé son opposition, demandant au président François Hollande de faire échec à ce texte qui, selon elle, constitue une atteinte "grave" aux libertés de conscience et d'expression.

Les députés français débattent jeudi d'un texte visant à pénaliser les sites de "désinformation" sur l'avortement, un sujet remis au premier plan par les réserves exprimées par le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon.L'ancien Premier ministre, qui selon les sondages a de bonnes chances d'entrer à l'Elysée dans cinq mois, n'a pas l'intention de toucher à la loi de 1975 ayant légalisé l'interruption volontaire de grosses (IVG), mais a expliqué que "compte tenu de sa foi catholique", il ne pouvait "pas approuver l'avortement". Cette position lui a valu de vives critiques de la gauche et des associations féministes, mais a séduit une partie de l'électorat catholique traditionnel.Dans ce contexte, l'Assemblée nationale a entamé jeudi l'examen d'une proposition de loi socialiste qui vise à étendre...