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Liban

Un repas et une ambiance conviviale à Noël pour les victimes de la solitude

Social

L'association Rifaq el-Darb œuvre depuis plus de 20 ans pour offrir du soutien à des centaines de personnes âgées. Visites à domicile, repas et sorties rythment l'activité de l'association.

30/11/2016

Une centaine de personnes étaient rassemblées samedi dans une salle de l'Université Saint-Joseph. Comme chaque mois, l'association de soutien aux personnes seules, Rifaq el-Darb, brise la solitude de ces personnes souvent âgées et démunies, en leur offrant un repas complet. Ce jour-là, habitués et nouveaux ont pu profiter bruyamment et dans la bonne humeur d'une salade de pâtes, de houmous, d'un moughrabieh et d'une part de gâteau, après l'habituelle prière d'introduction.
Avec les fêtes qui approchent, l'association est surtout occupée à préparer Noël. Le 27 décembre, un millier de têtes blanches partiront de Beyrouth pour le Kesrouan, où un repas de fête leur sera organisé au restaurant. Au programme : chants, dabké, distribution de cadeaux et animations variées pour offrir une journée mémorable à ces laissés-pour-compte. Pour que la fête puisse avoir lieu, Rifaq el-Darb s'est lancée, comme chaque année, dans la vente de calendriers afin de pouvoir financer cette activité. « Chaque calendrier est vendu 25 000 LL. En acheter un, c'est permettre à une personne de participer à la fête », explique Joe Taoutel, fondateur et responsable de l'association.

Des montres, place Sassine
Pour beaucoup des habitués des repas et des sorties de l'ONG, celle-ci est devenue indispensable. Raymond, désormais retraité après avoir été employé à l'Hôtel-Dieu, vient chaque mois aux repas de Rifaq el-Darb. Il a pu, grâce à l'association, participer à un séjour de quatre jours en montagne à Baabdate, l'occasion de profiter de différentes activités loin de Beyrouth, et de rencontrer des personnes de tout le Liban. « Ma femme a été opérée de la cataracte à l'œil droit, et c'est Rifaq el-Darb qui a payé, ajoute-t-il. Sans cette aide, nous n'aurions pas pu faire l'opération. »
La plupart des personnes âgées aidées sont en difficulté financière, tel Khoder, un autre habitué. « La vie est difficile au Liban. Pour ne pas dépendre des autres, je vends des montres place Sassine, devant LibanPost », raconte-t-il. Avec une jambe plus longue que l'autre, il peut bénéficier d'une carte d'invalidité, qui lui donne droit à 10 dollars mensuels, de quoi subsister difficilement. Il n'a aucun proche capable de l'aider, et doit chaque jour trouver les 9 000 livres que l'hôtel où il loge lui demande.
Régulièrement, de nouvelles personnes frappent à la porte de l'association, qui se fait un devoir d'accueillir tous ceux qui en ont besoin, sans leur demander leur confession ou leur nationalité. Angèle, ancienne téléphoniste âgée de 83 ans, fait partie des nouveaux. « C'est la deuxième fois que je viens. Je suis veuve, j'ai besoin d'un peu d'aide, et il n'y a pas d'autres moyens d'en avoir », raconte-t-elle.

Une présence au quotidien
L'association, créée en 1993, est de plus en plus connue, le bouche-à-oreille faisant son travail. « On a commencé en aidant les gens du quartier autour de l'Université Saint-Joseph », rappelle Joseph Taoutel. « Aujourd'hui, Rifaq el-Darb est connue partout, à Beyrouth, à Tripoli ou ailleurs, autant que le drapeau libanais », selon Khoder.
L'activité principale de l'association est de visiter à domicile tous ceux qui vivent dans la solitude. Outre ses repas mensuels, Joe Taoutel et son équipe organisent également des sorties, pour des fêtes religieuses et profanes, auxquelles participent au moins 200 personnes à chaque fois. La journée internationale des têtes blanches de l'Onu a été la dernière en date. À cette occasion, 400 personnes ont pu partir à Ghazir et 300 autres à Saïda. De nombreuses animations les y attendaient. Un poncho a été offert à chacun en guise de cadeau.
L'association fournit également une aide dans des domaines variés de la vie quotidienne. « Nous nous occupons aussi de problèmes légaux. Des avocats nous aident gracieusement parfois, lorsque certaines personnes sont dans l'incapacité de payer leur loyer et se retrouvent attaquées par leur propriétaire », détaille Joe Taoutel.
Pour certains participants aux événements de Rifaq el-Darb, l'objectif est parfois simplement d'avoir un peu de compagnie pour briser la routine d'une existence solitaire. « Une fois à la retraite, l'argent ne suffit pas », résume son fondateur.

Pour plus d'informations, appeler le 03/624645 ou se rendre sur Facebook à l'adresse https://www.facebook.com/rifaqeldarb

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