Les journaliers ont bloqué les accès de plusieurs bâtiments d’EDL à Beyrouth et au Liban-Sud. Photo Ani
Plusieurs dizaines de travailleurs journaliers d'Électricité du Liban (EDL) ont manifesté devant les locaux du fournisseur d'électricité à Beyrouth ainsi que dans le sud du pays, à Jouaya, Nabatiyé, Saïda et Tyr, bloquant temporairement les accès de ces bâtiments ainsi que certains axes routiers situés dans les régions concernées. Employés depuis des années par EDL pour assurer les opérations de maintenance du réseau et la gestion des factures et réclamant d'être intégrés à la fonction publique, ils reprochent à l'établissement public d'avoir récemment recruté, par l'intermédiaire de son prestataire Tricom, 85 nouveaux journaliers.
« La direction d'EDL a décidé d'embaucher des journaliers supplémentaires alors qu'elle prétend d'un autre côté ne pas disposer de postes vacants pour près de 150 journaliers qui ont réussi le concours administratif instauré par la loi n° 287 du 30 avril 2014 pour leur permettre d'intégrer les effectifs de l'établissement », a déclaré à L'Orient-Le Jour une source proche des journaliers.
« La loi n° 287 n'interdit pas à EDL de recruter de nouveaux effectifs en fonction de ses besoins. De plus, les nouveaux journaliers recrutés par EDL via Tricom sont des techniciens alors que ceux qui attendent d'être intégrés aux effectifs de l'établissement public sont éligibles pour des postes administratifs », conteste une source à la direction d'EDL. Plus tôt dans la matinée, cette dernière avait condamné le blocage de son siège et de ses antennes, et indiqué vouloir porter plainte contre les manifestants.
« De nouvelles journées d'action devraient avoir lieu dès la semaine prochaine », annonce la source proche des journaliers. En attendant, les représentants des journaliers ont écrit une lettre au président de la République, Michel Aoun, pour lui demander d'intercéder en leur faveur, tandis que les journaliers affectés à la centrale électrique de Jiyeh ont affirmé vouloir rester mobilisés jusqu'à obtenir gain de cause. De son côté, le syndicat des employés d'EDL, qui représente les fonctionnaires employés par l'établissement public, a appelé les deux parties à « la retenue » et à « l'organisation de négociations ».
Pour rappel, le différend qui oppose EDL aux journaliers avait déjà donné lieu à une crise similaire – mais de plus grande ampleur – qui avait pris fin suite à un accord politique impliquant le CPL, le mouvement Amal et le Parti socialiste progressiste.
P.H.B.

