Au total, en raison du vote pour le Brexit, le Royaume-Uni va perdre 2,4 points de croissance sur la période 2016-2021. Niklas Halle’n/AFP
La croissance économique du Royaume-Uni va nettement ralentir l'année prochaine et ses emprunts augmenter, a annoncé le ministre des Finances britannique dans son premier budget postvote pour le Brexit. La décision des Britanniques de quitter l'Union européenne va « changer le cours de l'histoire britannique », a souligné hier Philip Hammond, présentant devant le Parlement sa déclaration budgétaire d'automne.
Le chancelier de l'Échiquier a expliqué vouloir faire en sorte que l'économie « résiste » face aux turbulences que le pays s'apprête à vivre lorsque les négociations pour sortir de l'UE démarreront d'ici à la fin mars. Mais le pays doit d'ores et déjà s'attendre à un net ralentissement de sa croissance l'an prochain: l'Office public de responsabilité budgétaire (OBR) a abaissé sa prévision de croissance à 1,4 %, contre 2,2 % prévu en mars dernier.
M. Hammond a évoqué « une baisse de l'investissement et une demande plus faible », qui s'expliquent par l'incertitude qui règne et la hausse de l'inflation pour cause de dépréciation de la livre. Au total, en raison du vote pour le Brexit, le pays va perdre 2,4 points de croissance sur la période 2016-2021, a précisé l'OBR, plombant d'autant les prévisions de recettes fiscales.
Le Royaume-Uni s'attend de ce fait à ce que son déficit public soit bien plus élevé que prévu d'ici à 2021, avec une augmentation des emprunts de 122 milliards de livres (152 milliards de dollars). Le ministre des Finances a renvoyé l'hypothèse d'un retour à l'équilibre budgétaire au-delà de 2020.
Pas de relance spectaculaire
Compte tenu de cette contrainte budgétaire, le gouvernement conservateur n'a pu annoncer aucune mesure de relance spectaculaire, pour éviter d'aggraver les comptes de l'État, qui s'étaient un peu redressés grâce à des années d'austérité. « En termes de mesures, il y a peu de substance, ce qui n'est pas surprenant compte tenu de la position budgétaire fragile du Royaume-Uni », relève James Knightley, économiste chez ING. Le nouvel exécutif conservateur arrivé au pouvoir après le référendum aurait rêvé pouvoir offrir de beaux cadeaux aux familles modestes, dont beaucoup ont voté pour le Brexit. Il s'est contenté de quelques gestes en faveur des ménages et des milieux d'affaires.
L'annonce la plus emblématique est une hausse du salaire minimum qui passera à 7,5 livres brut de l'heure (l'équivalent de 9,4 dollars) à partir d'avril 2017, soit une hausse de 4 %. Ce revenu était déjà passé de 6,70 livres à 7,20 livres (8,3 à 8,9 dollars) fin mars dernier. Un coup de pouce bienvenu alors que la poussée de l'inflation menace le pouvoir d'achat des Britanniques.
Le ministre des Finances a par ailleurs annoncé la création d'un fonds d'investissement de 23 milliards de livres (29 milliards de dollars) pour améliorer la productivité du pays dans les années à venir en soutenant la recherche et le développement, les réseaux routiers ou encore la fibre optique.
(Source : AFP)

