La haute altitude devrait être le juge de paix du Dakar 2017 (2-14 janvier), couru pour la première fois au Paraguay, avant une longue boucle en Bolivie et un final en Argentine, selon le parcours définitif dévoilé hier à Paris.
« Si on faisait une analogie avec le Vendée Globe, on va mettre (les concurrents) dans la dimension des 40es rugissants pendant quasiment 6 jours », en Bolivie, a prévenu le directeur du Dakar, Étienne Lavigne. Depuis sa délocalisation en 2009, le rallye-raid n'a en effet jamais emprunté un parcours aussi septentrional et comportant autant d'étapes en haute montagne : 5 disputées à une altitude de plus de 3 500 m, ponctuées par une journée de « repos » à La Paz, capitale la plus élevée du monde (3 600 m), le 8 janvier. « En haute montagne, vous êtes gênés au niveau respiratoire, produire un effort est plus compliqué. (...) Cet inconfort, les concurrents vont le rencontrer très souvent et pendant de longues périodes », a poursuivi Lavigne.
Si le 39e Dakar, dont l'arrivée sera jugée à Buenos Aires après 12 étapes et 8 800 km, dont 4 000 de spéciales, peut se permettre de prolonger son séjour bolivien, c'est qu'il s'offre un départ inédit à Asuncion, capitale du Paraguay, le 5e pays du sous-continent qu'il découvre en 9 éditions. Les concurrents n'y resteront toutefois que le temps d'une étape, probablement marquée par les températures tropicales, avant de commencer leur inexorable montée vers les sommets de l'Altiplano, le froid et l'oxygène raréfié.
Rude épreuve
À une altitude de croisière dépassant les 3 500 m, avec des pics au-dessus de 4 000 m en course, nul doute que les organismes – mais aussi les véhicules – seront mis à rude épreuve. La dernière étape bolivienne mettra pilotes et copilotes aux prises avec le désormais familier Salar d'Uyuni, avant de retrouver un autre passage obligé de la course, les contreforts argentins de la Cordillère des Andes.
Pour espérer voir le bout de ce Dakar-là, il faudra une « endurance extrême », a assuré Lavigne. Tant pour faire face à « des environnements climatiques et géographiques extrêmes » que pour supporter de longues étapes : 5 de plus de 400 km de secteur sélectif et une de plus de 500 km. La navigation se fera également dans des zones encore jamais traversées par la course, notamment sept « spots de dunes » en Bolivie et dans le Nord-Ouest argentin, a prédit le directeur du Dakar : « Ce sont des zones très tordues, très piégeuses, des labyrinthes de sable. Il faudra à la fois franchir les dunes et ne pas se paumer dans ces corridors. » D'autant plus que les fonctions des GPS mis à disposition des équipages ont cette année été altérées.
Après son carton plein l'an dernier (9 victoires d'étape, 2 triplés et 4 doublés, une 1re place au classement général occupée sans discontinuer), Peugeot sera l'objet de toutes les attentions, deux ans seulement après son retour sur le Dakar. Le constructeur français aligne la même « équipe qui gagne », avec le vainqueur sortant Stéphane Peterhansel, Carlos Sainz, Cyril Despres et le nonuple champion du monde des rallyes Sébastien Loeb, de nouveau très attendu après une prometteuse 9e place pour sa 1re participation en 2016. Face à l'armada Peugeot, Nasser al-Attiyah, double vainqueur de l'épreuve (2011, 2015) et 2e l'an dernier, fera la course au volant d'une Toyota et non plus d'une Mini.
Chez les motards, la chasse est ouverte derrière le vainqueur de 2016, Toby Price, en l'absence de certains candidats au podium, comme Olivier Pain. Après avoir traversé la Manche et relié les 5 continents à la nage, l'aventurier Philippe Croizon, amputé des quatre membres, prendra, lui, le départ le 2 janvier au volant d'un buggy adapté. Évidemment pas pour viser la victoire finale, mais simplement pour se montrer à la hauteur du plus exigeant des rallyes-raids.
(Source : AFP)

