L'accusation a réclamé mercredi devant un tribunal militaire israélien la condamnation pour homicide d'un soldat franco-israélien accusé d'avoir achevé un Palestinien blessé et apparemment hors d'état de nuire après une attaque au couteau.
Le cas du sergent Elor Azaria, 19 ans, jugé depuis mai, divise profondément les Israéliens, entre ceux qui plaident pour le respect par l'armée de valeurs éthiques, et ceux qui invoquent le soutien dû aux soldats confrontés aux attentats palestiniens.
"J'ai parcouru des milliers de pages sans jamais trouver en Israël et dans le monde un seul précédent juridique déclarant qu'il serait légal de tirer sur une personne blessée par balles et déjà à terre depuis de longues minutes", a affirmé devant le tribunal à Jaffa, quartier de Tel-Aviv, le lieutenant-colonel Nadav Weisman, représentant de l'accusation.
"Je vous demande de ne pas créer ce précédent, de ne pas créer de loi Azaria", a-t-il ajouté.
M. Weisman a demandé à la cour de déclarer Elor Azaria coupable d'homicide. La peine précise requise par l'accusation ne doit être connue que dans plusieurs semaines, après que la cour se sera prononcée sur la culpabilité.
La défense a pris la parole à la suite de l'accusation. Elle devait plaider la légitime défense et réclamer la relaxe.
- Procès exceptionnel -
Un tel procès est exceptionnel en Israël. Le soldat a été filmé le 24 mars par un activiste pro-palestinien tirant une balle dans la tête d'Abdel Fattah al-Sharif à Hébron en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne. Le jeune homme de 21 ans, venait, avec un autre Palestinien, d'attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait à terre grièvement blessé et ne posait apparemment plus aucun danger. Son complice était apparemment déjà mort.
L'affaire semble être l'un des cas les plus flagrants d'usage excessif de la force dont sont constamment accusées les forces israéliennes vis-à-vis des Palestiniens, en particulier en Cisjordanie occupée.
L'armée a insisté pour qu'Elor Azaria soit jugé, malgré le soutien apporté au soldat jusqu'au sein du gouvernement de Benjamin Netanyahu.
"Dans ce procès sont en jeu les principes fondamentaux qui font de Tsahal (l'armée israélienne) une force physique mais aussi morale", a dit le colonel Weisman, "c'est l'identité de Tsahal qui est en jeu".
Elor Azaria, en uniforme et constamment entouré des siens au cours des mois de débats dans le minuscule prétoire, plaide non-coupable. Il pensait que le Palestinien dissimulait sous ses vêtements une ceinture d'explosifs, ont expliqué ses avocats.
Ils ont aussi argué, contre les conclusions de l'autopsie, que le Palestinien était déjà mort quand le sergent avait tiré.
L'accusation retient contre lui les cinq versions différentes qu'il a livrées. Elor Azaria a aussi contre lui le témoignage de son commandant selon lequel le soldat avait dit avant de tirer que le Palestinien ne devait pas s'en sortir vivant.
Dans un pays régulièrement confronté aux attaques palestiniennes et où le service militaire est obligatoire pour les hommes et les femmes, des milliers d'Israéliens ont pris fait et cause pour le soldat, lors de manifestations ou sur les réseaux sociaux.
"C'est le monde à l'envers: le terroriste qui agresse devient la victime, Elor qui protège les autres devient l'agresseur", a dit son avocat Ilan Katz mercredi.
Le verdict est attendu en décembre. Elor Azaria est actuellement assigné à sa base.
Le cas du sergent Elor Azaria, 19 ans, jugé depuis mai, divise profondément les Israéliens, entre ceux qui plaident pour le respect par l'armée de valeurs éthiques, et ceux qui invoquent le soutien dû aux soldats confrontés aux attentats palestiniens.
"J'ai parcouru des milliers de pages sans jamais trouver en Israël et dans le monde un seul précédent juridique déclarant qu'il serait légal de tirer sur une personne blessée par balles et déjà à terre depuis de longues minutes", a affirmé devant le tribunal à Jaffa, quartier de Tel-Aviv, le lieutenant-colonel Nadav Weisman,...


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