Des organisations de défense des droits de l'Homme et des familles des victimes ont sommé mardi le gouvernement afghan d'assurer la protection de la communauté chiite au lendemain d'une nouvelle attaque à son encontre qui a fait au moins 27 morts.
Un kamikaze a déclenché sa charge au coeur d'une mosquée pendant une cérémonie religieuse à l'occasion d'une importante célébration. Il s'agit de la troisième fois en quatre mois que la minorité chiite à Kaboul est ainsi visée.
Le groupe "Etat islamique a intensifié ses attaques contre les rassemblements chiites, rendant chaque lieu dangereux" déplore dans un communiqué Patricia Gossman, chercheuse de Human Rights Watch (HRW).
"Le gouvernement, les responsables chiites et les organisations de la société civile doivent chercher ensemble les moyens adéquats pour garantir la sécurité des rassemblements publics sensibles, de façons à garantir à la communauté chiite l'exercice de ses droits", estime-t-elle.
Lundi, Amnesty International avait également estimé que les autorités afghanes "ont le devoir de protéger efficacement les musulmans chiites et de mettre fin à l'impunité pour les précédentes attaques visant la communauté chiite".
L'attaque de lundi a visé les fidèles chiites rassemblés pour l'Arbaïn, le 40e jour suivant l'Achoura, marquant la fin du deuil après la commémoration de la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète tué en 680.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé qu'il avait suspendu des responsables de la police et qu'une enquête était en cours.
La foule qui enterrait les morts mardi a dénoncé l'incapacité du gouvernement à garantir la sécurité de leurs proches. "Nous avons voté pour ce gouvernement, certains ont eu les doigts coupés par les insurgés pour ça. En retour, il devrait assurer notre sécurité", s'indigne un proche d'une victime, Ghulam Haydar. "Je veux que la communauté internationale nous aide à nous débarrasser de ces terroristes et à les empêcher de faire du mal aux gens".
Lors de l'Achoura le 13 octobre dernier, une série d'attentats revendiqués par l'EI contre les chiites afghans avait fait plus de 30 morts à Kaboul et Mazar-i-Sharif (nord).
Ces attaques suivaient l'attentat du 23 juillet contre une manifestation de la minorité hazara majoritairement chiite, qui avait fait 85 morts et plus de 130 blessés. Ce double attentat suicide au coeur d'une foule pacifique avait aussi été revendiqué par l'EI.
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Le gouvernement afghan sommé de protéger les chiites au lendemain d'un attentat
AFP / le 22 novembre 2016 à 16h15


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