Le président des FL en compagnie de M. Moawad, hier, à Meerab. Photo Aldo Ayoub
Deriane met en garde contre toute atteinte aux institutions
Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a félicité hier le président de la République, Michel Aoun, le Premier ministre désigné, Saad Hariri, le Premier ministre sortant, Tammam Salam, et le président de la Chambre, Nabih Berry, et l'ensemble des Libanais à l'occasion de la fête de l'Indépendance. S'exprimant dans le cadre d'une cérémonie en son honneur organisée hier par des personnalités beyrouthines, le cheikh Deriane a souhaité « une formation rapide du nouveau cabinet, qui devra être responsable, rassembleur, disposer de l'esprit d'initiative et faire preuve d'innovation », à l'heure où la région se trouve en plein tumulte. Il a également exprimé son refus de « toute atteinte à une autorité ou institution, que ce soit la présidence de la République, la présidence de la Chambre ou la présidence du Conseil ». « Nous mettons en garde contre cela, dans la mesure où cela conduirait à faire perdre à l'État son prestige et sa place », a noté le mufti de la République. D'autres chefs spirituels ont présenté hier leurs vœux aux Libanais, notamment le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Abdel Amir Kabalan, le cheikh Akl druze, Naïm Hassan, et le mufti jaafarite, le cheikh Ahmad Kabalan.
L'hommage de Hariri à la mémoire de Pierre Gemayel
Plusieurs personnalités ont rendu hier hommage au ministre Pierre Gemayel, assassiné il y a dix ans, le 21 novembre 2006. « Dix ans après l'assassinat de Pierre Gemayel, mon sentiment de perte personnelle, avant la perte politique, est aussi fort que le jour de l'attentat », a affirmé le Premier ministre désigné, Saad Hariri, dans un entretien à La Voix du Liban. « Pierre était un ami et un frère. Nous avions l'habitude de discuter ensemble en toute simplicité. Il venait chez moi et au bureau comme s'il venait chez lui. (...) C'était un jeune homme prometteur, qui avait de l'énergie et que les gens aimaient. (...) Son assassinat est une grande perte pour le Liban et tous les Libanais. J'ai perdu un frère (...). Les Libanais ont perdu un être véritablement humain, dans tous les sens du terme (...) qui se souciait du Liban, de son avenir et du 14 Mars », a-t-il ajouté. D'autres personnalités ont également rendu hommage à la mémoire de Pierre Gemayel hier, notamment le ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi, les députés Marwan Hamadé, Ahmad Fatfat et Mohammad Kabbani, les anciens ministres Ibrahim Najjar, Fady Abboud et Mohammad Jawad Khalifé, l'ancien député Farès Souhaid, la journaliste May Chidiac et le chef du mouvement de l'Indépendance, Michel Moawad.
Michel Moawad s'inquiète d'une tentative de « torpiller le nouveau régime »
Le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a reçu hier à Meerab le chef du mouvement de l'Indépendance, Michel Moawad, en présence du député Fady Karam. À l'issue de la rencontre, M. Moawad a estimé que « le début du nouveau mandat au terme de deux ans et demi de vide, de paralysie institutionnelle et de crises socioéconomiques constitue une bonne base pour ramener la confiance des Libanais dans leur patrie ». « Ce mandat est fondé sur un compromis national global, qui repose sur trois piliers : la mise à l'écart de la polarisation 14/8 Mars dans le but de tenir autant que possible le Liban à l'écart du brasier régional, en attendant un accord plus radical et global ; le retour au partenariat national comme porte d'entrée pour consolider l'accord de Taëf ; et la relance des institutions, à commencer par la présidence de la République, ainsi que l'adoption d'une loi électorale et la tenue des élections législatives dans les délais », a poursuivi Michel Moawad. Il a enfin mis en garde contre « une tentative systématique de torpiller le nouveau régime et de saboter le compromis », qui pointe dans les conditions rédhibitoires qui accompagnent la formation du nouveau cabinet. « Lorsque certains adressent des messages aux autres par le biais de parades militaires internes et externes, lorsqu'il y a une tentative de poursuivre dans le style hégémonique et d'empêcher la mise en place d'un équilibre et d'un partenariat national pour empêcher la consolidation de l'accord de Taëf, ou encore lorsque certains cherchent à transposer la paralysie de la présidence au gouvernement... Tout cela vise à torpiller les bases du compromis, et cela est inacceptable », a-t-il conclu.

