La Banque centrale en est à son cinquième plan de relance consécutif depuis 2013.
La Banque du Liban (BDL) va allouer, jusqu'au 15 octobre 2017, 1 500 milliards de livres libanaises (995 millions de dollars) de prêts subventionnés aux banques pour soutenir la demande interne.
Il s'agit du cinquième plan de relance annuel de ce type depuis 2013. Les années précédentes, la BDL avait successivement consacré à ses plans de relance 1,47 milliard de dollars, 800 millions de dollars puis 1 milliard de dollars pour 2015 et 2016.
Le mécanisme de ce programme, tel que défini par la circulaire intermédiaire n° 444 émise le 12 novembre 2016, est également identique aux plans de relance antérieurs : la BDL alloue cette enveloppe de crédits en livres aux banques libanaises à un taux d'intérêt de 1 %, à charge pour ces dernières de les distribuer au secteur à un taux maximal de 6 %.
Quelque 900 millions de livres (60 % du total) au plus pourront être consacrés à des prêts au logement. Les banques pourront aussi financer dans ce cadre des projets dans les secteurs de l'industrie, de l'éducation, de la recherche et du développement. Les prêts subventionnés ne pourront cependant pas servir à refinancer ou à rembourser d'anciens prêts ni à financer l'acquisition de parts sociales ou de participations financières.
Si le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, avait estimé, dans un discours prononcé à la mi-mai, que « 67 % de la croissance (en 2016) résulte des plans de relance lancés par la BDL », la Banque mondiale avait néanmoins souligné, dans un rapport spécial publié début novembre, qu'aucune étude ne permettait pour le moment d'évaluer l'impact des plans de relance sur la création de richesse et d'opportunités d'emploi. « Avec la paralysie politique, la volatilité de l'environnement sécuritaire et les retombées de la crise syrienne, l'activité économique au Liban aurait pu être encore plus faible en l'absence de la politique d'intervention de la BDL dans le secteur réel », avait néanmoins salué le rapport. Il indiquait notamment que ces plans de relance, conjugués à d'autres mesures, avaient en partie réduit les difficultés d'accès aux financements des PME.
L'institution avait toutefois mis en exergue certains risques, comme ceux liés à l'endettement des ménages, que la BDL a tenté de prévenir avec des mesures encadrant plus strictement l'octroi de crédits à la consommation, ou à la possibilité d'accoutumance des agents économiques à ces subventions.

