Les pays membres de l’Opep auraient proposé à l’Iran de limiter sa production à 3,92 millions de barils par jour. Alexander Klein/AFP
Jusque-là présenté comme l'un des principaux obstacles à un accord final sur la réduction de la production de l'Opep, l'Iran a obtenu hier des concessions des membres du cartel, selon des informations relayées par Reuters.
Cherchant à finaliser l'accord de principe conclu à Alger sur une baisse de la production pour la première fois depuis 2008, la plupart des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole se sont dit disposés à faire preuve de souplesse avec l'Iran, ont déclaré hier des ministres et des sources à l'agence.
Téhéran a toujours réclamé des dérogations sur son plafond de production pour regagner des parts de marché après la levée des sanctions occidentales sur son programme nucléaire. Mais pour l'Arabie saoudite, premier producteur de l'Opep, la production de l'Iran a atteint son pic et il n'est pas légitime de lui faire de larges concessions.
Plusieurs ministres du Pétrole de l'Opep, dont le Saoudien Khalid al-Falih, ainsi que des responsables iraniens se sont rencontrés hier à Doha, en marge du Forum des pays exportateurs de gaz. Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, était toutefois absent. Selon une source, au cours de cette réunion, les membres de l'Opep auraient proposé à l'Iran de limiter sa production à 3,92 millions de barils par jour (bpj) dans le cadre de l'accord d'Alger.L'Iran n'aurait pas encore répondu à cette dernière proposition, a précisé la source. Téhéran avait déclaré précédemment être prêt à accepter un gel à un niveau compris entre 4 et 4,2 millions de bpj.
Des sources de pays du Golfe ont indiqué qu'elles voulaient que l'Iran plafonne sa production à environ 3,6 à 3,7 millions de bpj, soit le volume de sa production actuelle d'après les estimations du cartel.
« Assez optimiste »
Le gouverneur iranien de l'Opep, qui a participé à la réunion d'hier, s'est dit confiant quant à la finalisation le 30 novembre à Vienne de l'accord d'Alger. Le ministre saoudien Khalid al-Falih a déclaré pour sa part que la réunion d'hier avait été fructueuse, sans autres commentaires. Et si l'Opep arrive à ses fins le 30 novembre, il se peut qu'elle rallie des pays non membres de l'organisation, dont la Russie, qui a promis de coopérer mais n'a pris jusqu'à présent aucun engagement ferme.
Le ministre de l'Énergie russe Alexander Novak, qui a également pris part à la réunion d'hier, a déclaré qu'il pensait que l'Opep se rapprochait d'un accord. Si un accord est conclu, la Russie est prête à y participer et à plafonner sa production pendant six mois ou davantage, a-t-il expliqué. Selon lui, d'autres pays producteurs non membres de l'Opep pourraient également appliquer cet accord. Le ministère de l'Énergie azerbaïdjanais a déclaré hier qu'il enverrait une délégation à Vienne le 30 novembre.Les espoirs concernant l'Opep ont influencé positivement les cours du pétrole, qui ont légèrement monté hier. Le prix du baril de light sweet crude, référence américaine de brut, a gagné 27 cents à 45,69 dollars au New York Mercantile Exchange (Nymex). À Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord a gagné 37 cents à 46,86 dollars.
(Source : Reuters)

