Rechercher
Rechercher

Agenda

Hommage à Simone Tager : comme un feu d’artifice


Avec la dictée de l'Union des Français de l'étranger (UFE), nous vivons le dernier des événements majeurs de ce Salon du livre francophone. Quelque part comme le feu d'artifice qui clôt toutes les belles fêtes. Aujourd'hui, à cette fête, quelqu'un manque : Simone Tager nous a quittés. Elle nous observe de ses yeux rieurs, du balcon du ciel... Ce matin, nous avons célébré le quarantième de celle qui a été régulièrement lauréate de cette dictée annuelle.
Pour Nada Chaoul, que je remplace au pied levé, comme pour moi-même, Simone a d'abord été notre professeur et je crois bien que notre promotion a été la première des multiples volées d'élèves de Simone...
« Mademoiselle Dagher », comme nous l'appelions alors, a débarqué un matin de rentrée scolaire chez les Dames de Nazareth... Je vous laisse seulement imaginer la scène : un tout jeune professeur débarquant dans une classe de filles convaincues – toutes ou presque – d'être des académiciennes en puissance parce qu'elles savaient tout juste manier le sujet, le verbe et le complément d'objet. Nous regardions de haut cette jeune fille qui aurait pu être notre grande sœur avec toute la suffisance des grandes ados !
Peu à peu avec énormément de sérieux et sans jamais se prendre, elle, au sérieux, elle nous a ramenées à notre juste place. Nous étions les élèves, elle était le professeur !
Elle n'a pas voulu nous transformer, nous modeler, nous rendre semblables à elle, nous cloner toutes selon un modèle préétabli. Non. Elle a juste voulu nous donner le sens de la règle, le respect de la langue avec le profond respect de la personnalité de chacune. Ce qui était là sa marque de fabrique. Elle se plaisait souvent à souligner combien deux textes pouvaient être différents mais si semblables dans l'excellence du mot et de l'écriture...
Nous connaissant si profondément, que même en copie aveugle elle reconnaissait l'auteur du texte. Et elle était drastique pour l'orthographe ! Je me souviens d'un terrible 0,25 offert pour l'encre et la calligraphie... hissant ma moyenne trimestrielle à 0,12 ! Elle doit éclater de son grand rire franc et taquin en me voyant là ce soir.
Un enseignant peut changer la vie de quelqu'un. Peu de gens ont ce pouvoir. Il peut être un allumeur de réverbères comme il peut être un éteignoir. Simone écrivait ces quelques lignes le 9 septembre dernier... quelques jours plus tard elle n'était plus !
À sa mémoire, goûtez chaque mot, chaque difficulté, chaque subtilité grammaticale de cette superbe dictée concoctée par Marylise Hatem... avec toute la joie et tout le bonheur que l'on met à faire les choses sérieuses.

Nevine TOUTOUNJI-HAGE CHAHINE

Avec la dictée de l'Union des Français de l'étranger (UFE), nous vivons le dernier des événements majeurs de ce Salon du livre francophone. Quelque part comme le feu d'artifice qui clôt toutes les belles fêtes. Aujourd'hui, à cette fête, quelqu'un manque : Simone Tager nous a quittés. Elle nous observe de ses yeux rieurs, du balcon du ciel... Ce matin, nous avons célébré le quarantième de celle qui a été régulièrement lauréate de cette dictée annuelle.Pour Nada Chaoul, que je remplace au pied levé, comme pour moi-même, Simone a d'abord été notre professeur et je crois bien que notre promotion a été la première des multiples volées d'élèves de Simone...« Mademoiselle Dagher », comme nous l'appelions alors, a débarqué un matin de rentrée scolaire chez les Dames de Nazareth... Je vous laisse seulement...