Des soldats syriens prorégime avançant dans le village de Minyane, après qu’ils l’ont reconquis, durant le week-end. George Ourfalian/AFP
Les forces gouvernementales syriennes ont repris tous les secteurs pris récemment par les rebelles à Alep-Ouest, annulant tous les progrès des insurgés pour briser le siège du régime, a indiqué durant le week-end l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Les groupes rebelles, qui contrôlent les quartiers est d'Alep assiégés par le régime, avaient lancé le 28 octobre une offensive afin de desserrer l'étau, et avaient réussi à prendre le contrôle de plusieurs secteurs.
Selon l'OSDH, l'armée a reconquis des secteurs stratégiques dont le quartier ouest de Dahiyet al-Assad et le village de Minyane, à la périphérie de la ville.
En outre, les forces du régime ont avancé aussi dans le sud en s'emparant de deux localités tenues par les rebelles.
Les forces gouvernementales ont encerclé Alep-Est en août, coupant la dernière ligne d'approvisionnement vers les quartiers de l'opposition et imposant un blocus qui a entraîné des pénuries de nourriture et de carburant.
Les rebelles ont tenté plusieurs fois de briser le siège mais aucune aide n'est parvenue dans les quartiers est depuis juillet.
Selon l'OSDH, plus de 450 combattants et civils ont été tués dans la dernière tentative des rebelles pour rompre le siège.
Parmi les morts figurent 215 combattants – syriens et étrangers – de l'opposition, dont certains ont commis des attentats-suicide, ainsi que 143 membres des forces du régime.
Une centaine de civils ont également péri dans les bombardements, la plupart d'entre eux dans les quartiers sous contrôle du régime, dont 30 enfants.
Samedi, toujours selon l'OSDH, cinq civils dont un enfant ont été tués par des obus tirés par les rebelles sur la partie gouvernementale de la ville.
Journaliste iranien tué
En outre, un journaliste de la télévision officielle iranienne, Mohsen Khazaie, a été tué samedi par une attaque au mortier dans la localité de Minyane, récemment reprise par le régime, a indiqué la chaîne pour laquelle il travaillait.
Ancienne capitale économique de la Syrie, Alep est un enjeu majeur tant pour le régime du président Bachar el-Assad que pour les insurgés, qui s'affrontent depuis 2011 dans une guerre qui a fait plus de 300 000 morts.
Le gouvernement a lancé en septembre une opération pour reprendre la totalité de la ville. L'offensive, appuyée par l'aviation russe, a tué des centaines de personnes dans les quartiers est et détruit de nombreuses infrastructures, dont des hôpitaux.
Moscou a par ailleurs annoncé samedi que son porte-avions Amiral Kouznetsov, ayant pour objectif de renforcer le dispositif militaire russe en Syrie, se trouvait actuellement au large des côtes syriennes. « Les navires du groupe du porte-avions russe sont arrivés dans la zone désignée (...) dans l'est de la Méditerranée. Ils sont en train de remplir ensemble leurs tâches, en naviguant dans les eaux à l'ouest de la côte syrienne », a déclaré Sergueï Artamonov à la chaîne de télévision publique russe Rossia 1. Les avions embarqués sur l'Amiral Kouznetsov effectuent des vols d'entraînement « quasi quotidiennement », a-t-il ajouté.
Cette annonce intervient sur fond de tensions accrues entre la Russie et l'Occident sur le règlement de la crise en Syrie.
La Russie, qui procède depuis un peu plus d'un an à des frappes aériennes en soutien aux troupes de Bachar el-Assad, avait annoncé à la mi-octobre que son unique porte-avions en service, l'Amiral Kouznetsov, et son escorte se dirigeaient vers la Syrie, avec des avions et des hélicoptères de combat, pour renforcer la présence militaire russe dans cette zone. Habituellement basé à Severomorsk, dans la mer de Barents, l'Amiral Kouznetsov a à son bord des chasseurs SU-33, MiG-29KR et MiG29-KUBR, ainsi que des hélicoptères Ka-52K.
La Russie dispose par ailleurs d'une base aérienne à Hmeïmim, dans le fief alaouite de Bachar el-Assad, près de Lattaquié, d'où elle a procédé à des milliers de raids aériens depuis le début de son intervention le 30 septembre 2015, ainsi que d'installations portuaires militaires à Tartous.
Le 18 octobre, la Russie a cependant interrompu ses frappes aériennes sur Alep, l'ancienne capitale économique de la Syrie, divisée depuis 2012 entre ses quartiers ouest tenus par le régime et ses quartiers est contrôlés par les rebelles, et dévastée par des bombardements.
(Source : AFP)

