Les investisseurs américains anticipent des réductions d'impôts qui s'accompagneraient d'une augmentation du déficit budgétaire. Donald Trump a évoqué dans sa campagne des dépenses de 1 billion de dollars au niveau de l'infrastructure pour stimuler l'économie américaine à travers des créations d'emplois. Ces promesses ont incité les investisseurs à parier sur une hausse de l'inflation. Aux États-Unis, le taux de rentabilité des obligations d'État (sur dix ans) est passé mardi dernier de 1,74 % à 1,85 % à l'issue de l'élection américaine. Le taux de rentabilité (sur cinq ans) a augmenté de 7 points de base, passant à 1,70 %, un niveau historique depuis juillet 2015. Suite à un large rebond des valeurs refuges, les rendements des bons du Trésor américain ont augmenté, caractérisés par une grande différence entre les rendements des obligations à court et à long termes qui a connu son plus haut niveau depuis février. Ces mouvements ont entraîné une « pentification » de la courbe des taux, soit un accroissement de l'écart entre les taux à court et à long termes. L'aplatissement des courbes de taux est généralement considéré comme un signal avant-coureur d'un ralentissement de l'activité et il en va à l'inverse en cas de pentification. De plus, les traders redoutent les chances d'une augmentation des taux d'intérêt en décembre car ils pariaient sur la victoire d'Hillary Clinton. D'autres analystes anticipent une forte augmentation des taux d'intérêt si Trump exécute son programme économique. Cette hausse des taux pourrait s'avérer néfaste pour l'Europe, car les taux américains contaminent les taux européens. L'Europe a besoin de taux bas pour relancer son économie. Si ce scénario se présente, les États-Unis seront marqués par un fort déficit public et des taux d'intérêt très élevés.
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