Rechercher
Rechercher

Économie

Donald J. Le Pen aux portes du pouvoir, vraiment ?

Marine Le Pen avait salué le vote pro-Brexit comme la libération des peuples du joug que leur impose la technocratie bruxelloise. Elle s'est réjouie hier de l'élection de Donald Trump, imaginant déjà un parallèle avec son propre destin politique. L'idée convenue est que si un mouvement politique antisystème l'a emporté au Royaume-Uni d'abord, aux États-Unis ensuite, alors – les mêmes causes produisant les mêmes effets – il l'emportera aussi ailleurs en Europe, en particulier en France. La détestation des « élites » par le « peuple » est une histoire probablement aussi ancienne que le premier système politique. Aristote a dénoncé en son temps les démagogues exploitant ce sentiment.
La thèse examinée est celle d'un trumpisme à la française, dont Marine Le Pen serait l'incarnation. Il y aurait beaucoup de choses à dire pour distinguer les cas français et américain (sociologie des électeurs, niveau des inégalités, programme économique de Trump et Le Pen) mais contentons-nous ici d'examiner l'arithmétique électorale. La manière de sélectionner le vainqueur est essentielle. Après tout, dans un vote populaire direct, Trump aurait perdu de peu, de même en l'absence de third-party candidates. En France, l'élection présidentielle est directe. Le vainqueur doit d'abord figurer dans le duo de tête après le 1er tour, puis remporter la majorité absolue. La première étape paraît acquise pour Mme Le Pen. La seconde dépend du taux de participation. En France, il est toujours très haut, environ 80 %, et à une exception près, il progresse toujours entre les deux tours. Dans cette hypothèse, le vainqueur devra obtenir environ 18 millions de voix. À ce jour, le record du FN a été de 6,8 millions en décembre 2015. Les projections pour le 1er tour de 2017 sont de 10,8 millions. Sans aucun allié, où Marine Le Pen ira-t-elle trouver plus de 7 millions d'électeurs entre les deux tours ? En fait, le seul scénario de victoire pour Le Pen exige une très faible participation d'environ 50 %. C'était le cas aux États-Unis, ce n'est jamais arrivé en France.

Cet article est réalisé par Fidus

Marine Le Pen avait salué le vote pro-Brexit comme la libération des peuples du joug que leur impose la technocratie bruxelloise. Elle s'est réjouie hier de l'élection de Donald Trump, imaginant déjà un parallèle avec son propre destin politique. L'idée convenue est que si un mouvement politique antisystème l'a emporté au Royaume-Uni d'abord, aux États-Unis ensuite, alors – les mêmes causes produisant les mêmes effets – il l'emportera aussi ailleurs en Europe, en particulier en France. La détestation des « élites » par le « peuple » est une histoire probablement aussi ancienne que le premier système politique. Aristote a dénoncé en son temps les démagogues exploitant ce sentiment.La thèse examinée est celle d'un trumpisme à la française, dont Marine Le Pen serait l'incarnation. Il y aurait beaucoup de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut