Pour effacer un tant soit peu l'immobilisme des dernières années et pour illustrer l'urgence de la situation en cette période de grâce qui nous accompagnera durant les prochains mois, nous avons besoin d'un signal fort de bonne gouvernance: un cabinet de technocrates (même si certains de ses membres devaient être dans la mouvance de courants politiques). Ces ministres seraient couverts si nécessaire par 4 ou 5 titulaires sans portefeuilles représentant le PSP, Amal, le Hezbollah, les FL et le CPL. Cette équipe de transition ne devrait pas comporter de parlementaires (du fait que ce cabinet doit organiser les élections législatives de 2017) à l'exception des ministres sans portefeuille, mais sous condition de ne pas être candidats au scrutin attendu dans les prochains 12 mois.
Tout le monde y gagnerait ; l'oligarchie politique en redorant sa crédibilité fortement entachée, la notion d'État et les administrations publiques en une visibilité retrouvée, le secteur économique avec un peu plus de couleur ainsi que tous les Libanais aspirant à un frémissement de citoyenneté. C'est dans le cadre de cette ambiance voulue sereine et productive que toutes les formations politiques pourront s'adonner à préparer les législatives dont le résultat devrait permettre alors d'adresser au sein d'un Parlement nouveau les divisions profondes, présentement occultées, et qui ne manqueront pas
d'accompagner notre paysage politique jusqu'en 2021.
Ce gouvernement productif (nominations et mise en route de décisions en rapport avec les secteurs de l'énergie, l'eau, les transports, les déchets et autres chapitres urgents) pourra de par ses réalisations atténuer, une fois les tensions revenues, les conséquences d'éventuels blocages et boycotts similaires à ceux que le pays a connu depuis 2006 et jusqu'à il y quelques semaines. Réalisme et bien public dictent cette attitude préventive pour peu que tous nos dirigeants (acteurs et victimes confondus) n'aient la mémoire défaillante. Essayons de réparer et consolider autant que possible le terrain de jeu durant cette longue mi-temps pour le cas, très probable, où la suite de l'épreuve serait disputée selon les règles que nous subissons depuis plus d'une décennie.
L'épreuve attendue serait moins insupportable.
Fady BUSTROS


merci pour la Republique idealiste
08 h 49, le 11 novembre 2016