Un convoi militaire des peshmergas traverse la ville de Bashiqa, à l’est de Mossoul, hier. Thaier al-Sudani/Reuters
Les combattants kurdes irakiens ont fait sauter l'un des derniers verrous du groupe État islamique (EI) aux portes de Mossoul, en prenant hier la ville de Bachiqa. Cette avancée resserre encore l'étau sur les milliers de jihadistes qui défendent leur fief du nord de l'Irak, attaqué sur plusieurs fronts par les troupes irakiennes et leurs alliés depuis le 17 octobre.
La prise de Bachiqa, ville située à une douzaine de km au nord-est de Mossoul, était l'un des objectifs fixés aux peshmergas, les combattants kurdes, dans la vaste opération lancée par Bagdad. Assiégée depuis quinze jours, Bachiqa est « sous le contrôle total » des peshmergas, a annoncé hier à l'AFP Jabbar Yawar, un responsable de la région autonome du Kurdistan irakien. Ils « sont en train de ratisser la ville et de la déminer », a-t-il précisé. Une journaliste de l'AFP présente à la périphérie de Bachiqa a observé que des combats sporadiques se poursuivaient hier et que de nouvelles frappes aériennes étaient menées.
Charnier découvert
Parallèlement, les forces irakiennes continuent à traquer les jihadistes rue après rue, maison après maison, dans les quartiers de l'est de Mossoul, se dirigeant lentement vers le centre et le fleuve Tigre qui traverse la ville. Et au sud, d'autres unités irakiennes se rapprochent de la périphérie après avoir pris lundi la ville de Hamam al-Alil, à une quinzaine de km. Dans cette ville, elles ont découvert un charnier où étaient visibles des morceaux de corps et d'os. « Il y a environ 25 corps visibles, mais cela ne signifie pas qu'il s'agisse du nombre total. Nous pensons qu'il y a un très grand nombre de cadavres », a indiqué Mohammad Taher al-Tamimi, un responsable des enquêteurs.
Par ailleurs, l'Onu a annoncé que, selon des informations recueillies sur place, les jihadistes « avaient déplacé de force quelque 1 500 familles de Hamam al-Alil vers l'aéroport » de Mossoul le 4 novembre. Elle a aussi évoqué « l'enlèvement d'au moins 295 anciens membres des forces de sécurité irakiennes » par les jihadistes à l'ouest de Mossoul, autour de la ville stratégique de Tal Afar.
Raqqa se rapproche
En Syrie, la route vers Raqqa se dégage progressivement pour les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes mais qui comprennent aussi des Arabes et des Turkmènes. Elles avancent sans trop rencontrer d'obstacles depuis le nord, sur un territoire désertique et peu peuplé. « Deux villages de plus ont été libérés depuis hier (...) Les combats se poursuivent et le moral est bon », a indiqué à l'AFP la porte-parole de l'offensive, Jihan Cheikh Ahmad. Cette femme, qui avait annoncé dimanche le lancement de l'opération, a précisé que « des centaines de combattantes » rejoignaient « les rangs au fur et à mesure ».
L'opération « Colère de l'Euphrate » est destinée dans un premier temps à isoler Raqqa, une ville qui comptait 240 000 habitants avant la guerre, en coupant les axes de communication. Les commandants de l'offensive et les experts s'attendent à une longue bataille. « L'EI défendra son bastion car il sait que la perte de Raqqa signifiera sa fin en Syrie », selon le porte-parole des FDS, Talal Sello.
Washington se montre également prudent sur les prochaines étapes de l'opération en raison notamment des tensions avec la Turquie, qui veut s'impliquer dans la reprise de Raqqa, une ville à majorité arabe sunnite.
Alep
Parallèlement, l'armée syrienne a annoncé hier avoir repris un quartier stratégique au sud-ouest d'Alep, ce qui représenterait son avancée la plus significative depuis des semaines dans cette région, mais les rebelles ont assuré que la bataille n'était pas terminée.
L'aviation russe va de son côté reprendre ses bombardements dans la région d'Alep « dans les prochaines heures », après s'en être abstenue depuis le 18 octobre, a déclaré un responsable du ministère russe de la Défense cité par l'agence Interfax. Lundi, le Kremlin avait indiqué que l'aviation russe ne reprendrait ses bombardements que si les rebelles lancent une nouvelle offensive.
(Sources : agences)

