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Moyen Orient et Monde

Entrée en vigueur accélérée de l’accord de Paris sur le climat

Climat

Ce rythme inespéré ne doit pas masquer les immenses efforts que les pays vont devoir faire pour respecter l'objectif de limiter la hausse du thermomètre.

OLJ
05/11/2016

Moins d'un an après son adoption à Paris par 195 pays, le premier accord mondial pour éviter un emballement des dérèglements climatiques est entré en vigueur hier, à trois jours du début de la COP22 de Marrakech, où il sera question de son application.
« Cette entrée en vigueur rapide est un signal politique clair confirmant que tous les pays sont engagés en faveur d'une action décisive contre le changement climatique », soulignent dans un communiqué Patricia Espinosa, la responsable climat de l'Onu, et Salaheddine Mezouar, le ministre marocain des Affaires étrangères, qui présidera la COP22. « Jamais un accord international n'aura mis aussi peu de temps pour être ratifié, à peine onze mois », a souligné le président français François Hollande lors de l'inauguration d'un centre d'énergies renouvelables en France. La Commission européenne a salué pour sa part « un événement exceptionnel ».
Pour entrer en vigueur, l'accord devait être ratifié par 55 pays représentant au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). Cela s'est produit bien plus vite que prévu. Aujourd'hui, 97 des 192 États ayant signé le texte l'ont ratifié (représentant 67,5 % des émissions). Une vingtaine devraient encore le faire d'ici à l'ouverture de la réunion de Marrakech, a indiqué la présidente de la COP21 Ségolène Royal. « Le changement climatique est le plus grand défi à relever, et les villes feront leur part du travail », a dit à ses côtés la maire de Paris Anne Hidalgo, présidente élue du réseau des métropoles pour le climat (C40).
Toutefois, ce rythme inespéré ne doit pas masquer les immenses efforts que les pays vont devoir faire pour respecter l'objectif de limiter la hausse du thermomètre « bien en deçà de 2° C » par rapport à avant la Révolution industrielle.

« Le défi grandit »
« Alors que le monde se retrouve à Marrakech, nous devons retrouver le sentiment d'urgence que nous avions il y a un an », a plaidé dans un communiqué Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale, car « avec chaque jour qui passe, le défi du climat grandit ».
Première interrogation, qui sera réglée dès le deuxième jour de cette COP mardi : les Américains éliront-ils, avec Donald Trump, un président hostile à la lutte contre le réchauffement, ce qui menacerait le processus ?
Au-delà, il faudra trouver les moyens d'intensifier une transition économique et énergétique déjà amorcée mais difficile. Le plafonnement des émissions implique un basculement à très grande échelle vers les énergies vertes et un abandon des fossiles (pétrole, charbon, gaz).
Il faudra des investissements importants pour rendre les secteurs de l'habitat, des transports et de l'industrie moins gourmands en énergie, et de nouvelles politiques agricoles et alimentaires. « À court terme, et certainement dans les 15 prochaines années, nous devons voir des réductions sans précédent d'émissions et des efforts inégalés pour construire des sociétés pouvant résister au changement climatique », préviennent Patricia Espinosa et Salaheddine Mezouar.
Concrètement, cela veut dire que les pays vont devoir faire plus que les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris, qui prévoit un mécanisme pour réviser à la hausse les objectifs nationaux. Cette question de « l'ambition collective » et de celle de chaque pays sera abordée à Marrakech, même s'il sera trop tôt pour espérer de nouveaux engagements. Celle des financements sera également au cœur des débats, tant au sujet de l'aide publique de 100 milliards de dollars par an, promis d'ici à 2020 aux pays en développement, que celle bien plus vaste du « verdissement » de la finance mondiale. En effet, seule une réorientation des flux financiers mondiaux vers des activités « bas carbone » (peu ou pas émettrices de CO2) pourra assurer un développement « propre » des pays, qui exigerait selon l'Onu 5 à 7 000 milliards de dollars par an.
(Source : AFP)

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