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Liban

Petit budget, petites dépenses : les bons plans des jeunes

Vie pratique

Pour beaucoup de jeunes, Libanais ou étrangers installés dans le pays, boucler la fin de mois peut être difficile. Tour d'horizon des principaux postes de dépense et des possibles économies.

04/11/2016

À chaque fin de mois, une même routine pour beaucoup de jeunes adultes : combien reste-t-il sur le compte en banque ? De quoi mettre un peu de côté ou juste assez pour une semaine de pâtes au beurre ? Si le coût de la vie au Liban est élevé, il existe toujours quelques astuces pour dépenser malin.

Logement : Privilégier les colocations
Certes, beaucoup de jeunes Libanais vivent chez leurs parents jusqu'à un âge où la ceinture est moins serrée. Mais pour certains, ainsi que pour un grand nombre d'étudiants étrangers, le logement est de loin le plus gros poste de dépense, surtout à Beyrouth. Les loyers continuent d'ailleurs d'augmenter et les pièges se multiplient. Pour les éviter, il est sage de ne pas sombrer dans la précipitation. Sophie, étudiante suisse, a préféré passer un mois dans une auberge de jeunesse d'Achrafieh. « Le prix au mois est de 440 dollars, à peine plus cher qu'un appartement, et m'a permis de trouver un beau studio, bon marché, que je n'aurais pas trouvé en me précipitant. Au bout du compte, l'opération m'a fait économiser. »

Pour les plus intrépides, le couchsurfing ou Airbnb se développent aussi à vitesse grand V dans la capitale. Nombre d'étudiants trouvent leur appartement sur des pages Facebook. Pour Mallory, une Américaine qui a connu trois différents appartements à Beyrouth, ce moyen n'est pas le meilleur. « Il y a pas mal d'arnaques, notamment les dortoirs qui se présentent bien mais sont souvent chers pour une qualité médiocre, ou encore de faux appartements pour lesquels un dépôt de garantie est demandé avant même la visite. Ces groupes faceboookiens étant surtout adressés à des étudiants étrangers pressés, les vendeurs savent qu'ils peuvent augmenter leurs prix sans perdre de clients. »
Selon Mallory, l'idéal est de rencontrer des gens et de se faire aider dans sa recherche, en privilégiant le bouche à oreille. Chercher en période creuse, en dehors des débuts de semestre par exemple, permet également de faire chuter les prix.

Quel que soit le quartier, le bon plan pour les étudiants reste la colocation, moins chère qu'un studio individuel et plus spacieuse. Mais il convient d'intégrer les charges et les équipements dans les critères de sélection: mieux vaut en effet un logement plus cher mais meublé, équipé d'un générateur et dont le loyer inclut l'abonnement Internet, l'électricité et la collecte des déchets. À Beyrouth, éviter les quartiers de Mar Mikhaël, Hamra ou le centre-ville au profit de Furn el-Chebbak ou Badaro fera aussi gagner quelques précieux dollars chaque mois.


(Lire aussi : La hausse des licenciements au Liban, signe d'un marché de l'emploi dysfonctionnel)

 

Transports
Un autre poste de dépense est bien sûr celui des transports. Si beaucoup de jeunes ont une voiture individuelle assez tôt, le plus rentable est parfois de ne pas l'utiliser: entre essence gaspillée dans les embouteillages, temps et argent dépensés pour garer la voiture, assurance à payer, usure de la voiture qui augmente avec chaque trajet et bien sûr le risque d'accident et de réparations à inclure dans le coût d'un trajet, l'usage de sa voiture n'est pas forcément à recommander.

Beaucoup d'étrangers soulignent que les Libanais marchent peu, mêmes en ville où l'on peut facilement aller d'un quartier à l'autre. « Mes amis libanais ne veulent jamais marcher plus de 5 minutes. Au-delà, ils prennent un service ou un taxi », regrette Sophie. Or, le déplacement à pied, lorsqu'il reste raisonnable, est souvent plus agréable que le dangereux slalom d'un taxi-service ponctué d'un joyeux déluge d'insultes, et il est assurément meilleur pour la santé, les finances et l'environnement ! À l'inverse, le vélo est difficilement envisageable, du fait de la topographie comme de la dangerosité des routes.

Pour des trajets plus longs, il est généralement possible d'éviter le taxi en optant pour le service bien sûr, pour 2 000 voire 4 000 LL, mais aussi le bus et les vans, ignorés par la majorité des jeunes. Bien que le confort y soit sommaire et que l'itinéraire ne change pas en fonction du client, le prix unique (1 000 LL dans Beyrouth, peu importe la distance) compense. Depuis Dora, ils desservent également toute la route côtière jusqu'à Tripoli ou Tyr pour un prix défiant toute concurrence. Pour ceux que le peu de clarté du réseau de bus effraye, la carte des itinéraires dans Beyrouth est disponible sur Internet. À noter en revanche que les bus se font plus rares en soirée et qu'ils sont bien moins rapides que les vans.

 

(Lire aussi : Comment l'économie libanaise pousse les jeunes à émigrer)

 

Sorties et loisirs
Hassan et Nour, étudiants libanais, s'accordent à dire que les bars sont à privilégier aux onéreuses boîtes de nuit (souvent 30 dollars l'entrée, à moins d'y aller tôt). Eux préfèrent sortir dans les quartiers de Gemmayzé et Badaro, plus tranquilles que le bouillonnant Mar Mikhaël. « Il faut aussi regarder les happy hours, précise Mallory. Badaro est un peu cher mais il y a de grosses réductions en début de soirée. »

Hassan, fan de cinéma, se rend souvent au centre-ville pour voir les derniers films (compter environ 10 dollars pour une séance). Pour s'accorder un petit plaisir, Nour et ses amis vont fréquemment au restaurant. « Mais il faut sortir de Beyrouth pour avoir de bons prix. » Pour Salah, le plaisir hebdomadaire coûte moins de 10 dollars et correspond à la location d'un terrain de futsal (football en salle) pour se défouler avec ses amis.

L'excursion en dehors de Beyrouth est aussi très bon marché lorsqu'elle se fait en bus. Le temps ne le permet plus vraiment, mais de très belles plages gratuites et propres existent, aux alentours de Batroun, Byblos ou Tyr, qui offrent certes moins de services que les plages privées, mais aussi moins de monde. « La vue est la même ! » ironise Mallory. Les mêmes bus desservent également les autres villes du pays, où vêtements, restaurants et plaisirs en tout genre sont moins chers qu'à Beyrouth.

Arrondir les fins de mois
Pour se permettre quelques folies, beaucoup de jeunes travaillent comme serveurs, cuisiniers ou barmen, à temps plein ou partiel. Étudiante à l'USJ, Gloria explique que le métier d'hôte ou hôtesse, pour hommes comme pour femmes, apporte aussi un revenu d'appoint facile et ponctuel, sans contenir d'engagement de présence régulière. Pour ceux qui le peuvent, le soutien scolaire ou les cours de langue sont également un bon moyen de mettre un peu de beurre dans les épinards.

Mais la meilleure manière d'avoir plus d'argent reste toujours d'en dépenser moins. Il est intéressant à cet égard de noter que les jeunes étrangers ont généralement des budgets plus serrés que les jeunes Libanais, une fois le loyer payé, et connaissent plus de bons plans que ces derniers. Samuel, étudiant espagnol, admet qu'il « ne peut pas vivre comme (ses) amis libanais. Je ne peux pas dépenser autant et il m'arrive de simuler un empêchement lorsque mes amis veulent faire la fête ou aller au restaurant ». Ce penchant libanais à dépenser plus est-il culturel ?

C'est ce que pense Samuel : « Un Européen trouvera un meilleur goût à un sandwich ou un café s'il n'est pas cher. Pour certains Libanais, plus le même produit sera cher, meilleur il sera ! »
La généralisation est évidemment impossible mais ce constat est frappant. Dans tous les cas, si l'on veut faire des économies, il faut être prêt à faire quelques efforts, à changer ses habitudes et à s'informer sur les alternatives plus abordables. Car, c'est mathématique, les économies s'additionnent aussi vite que les dépenses.

 

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