La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié mercredi d'"alarmantes" les récentes mesures prises par le pouvoir turc contre les médias, prévenant que cela jouerait "un rôle central" dans les négociations sur la demande d'adhésion du pays à l'UE.
"Concernant la Turquie, le fait que ce bien précieux qu'est la liberté de la presse et la liberté d'opinion soit sans cesse limité est pour moi comme pour l'ensemble du gouvernement au plus haut point alarmant", a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin.
La police turque a arrêté lundi le rédacteur en chef et plusieurs journalistes de Cumhuriyet, principal quotidien d'opposition, alors que la presse a été particulièrement visée par les purges menées depuis le putsch avorté de juillet. Ces arrestations se font dans le cadre d'une enquête pour "activités terroristes" en lien avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen - accusé d'avoir ourdi le putsch raté - et avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Mme Merkel a parlé à propos des arrestations au sein de la rédaction du Cumhuriyet de "triste évolution", soulignant que l'ambassadeur d'Allemagne en Turquie s'était rendu la veille sur place. "Les journalistes peuvent être certains de notre solidarité", a souligné Mme Merkel. "Et naturellement, une telle question joue un rôle central dans les négociations d'adhésion (de la Turquie) à l'Union européenne", a prévenu la chancelière allemande.
La Turquie négocie depuis des années son adhésion au bloc européen mais les tractations sont actuellement enlisées. Ankara attend dans l'immédiat une suppression de l'obligation de visa pour ses ressortissants à l'entrée dans l'UE, dans le cadre du pacte conclu avec l'UE pour freiner l'afflux des migrants vers l'Europe passant par son territoire. Mais les discussions sur ce point sont également très difficiles.
La chancelière allemande a haussé mercredi le ton sur la liberté de la presse en Turquie après avoir été très critiquée depuis le début de la semaine pour l'absence de condamnation claire de la part de son gouvernement. Son porte-parole s'était borné lundi à exprimer la "préoccupation" du gouvernement sur le sujet.
Berlin s'est vu reprocher dans la foulée par les partis d'opposition et de nombreux journaux de chercher à préserver le président Recep Tayyip Erdogan, avec lequel les relations sont tendues depuis des mois et sur qui compte l'Allemagne sur la crise migratoire.
Du vote en juin d'une résolution des députés allemands condamnant le "génocide" arménien en 1915 par les Turcs à la diffusion au printemps dernier d'une satire télévisée contre M. Erdogan à la télévision publique allemande, les sujets de friction se sont multipliés ces derniers mois.
"Concernant la Turquie, le fait que ce bien précieux qu'est la liberté de la presse et la liberté d'opinion soit sans cesse limité est pour moi comme pour l'ensemble du gouvernement au plus haut point alarmant", a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin.
La police turque a arrêté lundi le rédacteur en chef et plusieurs journalistes de Cumhuriyet, principal quotidien d'opposition, alors que la presse a été particulièrement visée par les purges menées depuis le putsch avorté de juillet. Ces arrestations se font dans le cadre d'une enquête pour...


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