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Moyen Orient et Monde - Syrie

L’Onu évoque des crimes de guerre de part et d’autre à Alep

Pour Moscou, les négociations ne sont plus d'actualité.

Un combattant rebelle de Jaïch al-Fateh tirant au mortier en direction des quartiers tenus par les forces du régime, lundi à Alep. Omar Haj Kadour/AFP

L'Onu a dénoncé hier toutes les parties impliquées dans la bataille d'Alep qui se livrent potentiellement à des crimes de guerre en menant des attaques aveugles contre des quartiers peuplés de civils. « Toutes les parties à Alep mènent des combats qui ont pour conséquence un grand nombre de victimes civiles et créent une atmosphère de terreur parmi ceux qui continuent de vivre dans cette ville », a souligné hier Ravina Shamdasani, la porte-parole du Haut-Commissariat de l'Onu pour les droits de l'homme (OHCHR), lors d'un point de presse régulier.
La bataille d'Alep a éclaté après l'échec, le 19 septembre dernier, de l'accord de cessez-le-feu négocié par la Russie et les États-Unis. Selon des estimations de l'Onu, quelque 250 000 à 275 000 civils vivraient dans Alep-Est, la zone tenue par les rebelles et défendue par quelque 8 000 combattants. La semaine dernière, les insurgés ont lancé une contre-offensive contre des secteurs d'Alep-Ouest pour tenter de briser leur encerclement.
Au cours du week-end, l'Onu a réuni des éléments attestant de la mort de plus de 30 civils, dont dix enfants, ainsi que des dizaines de blessés dans des frappes au mortier, à la roquette et au moyen d'autres engins explosifs sur la partie occidentale de la ville, a ajouté Ravina Shamdasani. « Le recours présumé à des missiles au sol ainsi que l'utilisation de véhicules armés chargés d'explosifs dans une zone qui comprend plus d'un million d'habitants civils sont absolument inacceptables et susceptibles de constituer un crime de guerre », a-t-elle poursuivi.
Le nombre élevé de victimes civiles suggère que les rebelles ignorent le principe fondamental du droit humanitaire international prohibant les attaques aveugles de même que les principes de précaution et de proportionnalité, a souligné la porte-parole de l'Onu. L'Onu note parallèlement que les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés continuent de bombarder Alep-Est, avec au moins douze décès recensés parmi la population civile au cours des journées de samedi et dimanche. « Les frappes contre des hôpitaux, des écoles, des marchés, des stations d'épuration d'eau et des boulangeries sont désormais courantes et, s'il est démontré qu'elles sont intentionnelles, pourraient constituer des crimes de guerre », a dit Shamdasani.
Dans un communiqué publié lundi, l'armée syrienne a affirmé que les tirs de roquettes et les bombardements chimiques des jihadistes de Fateh al-Cham (ex-al-Nosra) et d'autres mouvements qualifiés de terroristes par Damas avaient fait 84 morts, essentiellement des femmes et des enfants, ces trois derniers jours à Alep.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) fait quant à lui état de 48 morts, dont 17 enfants, depuis le début de cette offensive.

Retard d'un règlement politique
Parallèlement, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a accusé hier la coalition internationale menée par les États-Unis de « retarder indéfiniment » la perspective d'un règlement politique du conflit faute de contrôler les rebelles syriens. La coalition internationale « met des bâtons dans les roues des opérations militaires russes en Syrie », a-t-il déclaré lors d'un briefing de l'état-major russe retransmis à la télévision. « Résultat, la perspective d'un début de règlement politique et d'un retour du peuple syrien à une vie pacifique est retardée indéfiniment », a ajouté M. Choïgou.« Pour le moment, la pause se poursuit, l'évacuation de la population civile d'Alep est rendue possible, les conditions sont créées pour (l'acheminement de) l'aide humanitaire. Mais tout cela est impossible si les terroristes continuent à tirer sur les quartiers, sur les corridors humanitaires, à lancer des offensives et à se cacher derrière des boucliers (humains) », a pour sa part souligné hier Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.
Enfin, lors de ce briefing, Sergueï Choïgou a critiqué la position de l'Espagne, qui a reculé après avoir dans un premier temps accepté qu'un groupe aéronaval mené par le porte-avions russe Amiral Kouznetsov fasse escale dans son port de Ceuta. La Russie a été « très étonnée de la position de certains pays qui, sous la pression des États-Unis et de l'Otan, ont publiquement annoncé avoir refusé à nos navires d'entrer dans leurs ports », a-t-il déclaré.
(Source : AFP)

L'Onu a dénoncé hier toutes les parties impliquées dans la bataille d'Alep qui se livrent potentiellement à des crimes de guerre en menant des attaques aveugles contre des quartiers peuplés de civils. « Toutes les parties à Alep mènent des combats qui ont pour conséquence un grand nombre de victimes civiles et créent une atmosphère de terreur parmi ceux qui continuent de vivre dans cette ville », a souligné hier Ravina Shamdasani, la porte-parole du Haut-Commissariat de l'Onu pour les droits de l'homme (OHCHR), lors d'un point de presse régulier.La bataille d'Alep a éclaté après l'échec, le 19 septembre dernier, de l'accord de cessez-le-feu négocié par la Russie et les États-Unis. Selon des estimations de l'Onu, quelque 250 000 à 275 000 civils vivraient dans Alep-Est, la zone tenue par les rebelles et défendue...
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