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Ankara rejette la "ligne rouge" de l'Europe sur la liberté de la presse

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a rejeté avec colère mardi la "ligne rouge" évoquée la veille par le président du Parlement européen Martin Schulz après l'arrestation de plusieurs journalistes d'un quotidien d'opposition turc.

"Mon frère, nous n'avons que faire de ta ligne rouge. Nos lignes rouges, c'est le peuple qui les trace, le peuple ! Quelle autorité a ta ligne ?", a lancé M. Yildirim lors d'un discours à Ankara.

Lundi, le président du Parlement européen avait estimé qu'une "nouvelle ligne rouge a été franchie contre la liberté d'expression en Turquie" avec le placement en garde à vue d'une douzaine de journalistes du quotidien d'opposition Cumhuriyet, dont son rédacteur en chef Murat Sabuncu. Le parquet d'Istanbul les soupçonne d'avoir agi pour le compte le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen - accusé d'avoir ourdi le putsch raté en juillet - et avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara, Washington et Bruxelles.

"Nous n'avons aucun problème avec la liberté de la presse", a assuré le Premier ministre turc. "Nous n'arrivons pas à nous entendre sur ce point avec nos partenaires européens. Ils nous ressortent à chaque fois la liberté de la presse quand nous prenons des mesures pour combattre le terrorisme", a-t-il ajouté.

Après le putsch manqué, le gouvernement a lancé des purges d'une ampleur inédite qui ont frappé de plein fouet la presse. Des opposants turcs et des organisations de défense des droits de l'homme accusent les autorités de se servir de l'état d'urgence en vigueur pour étouffer toute voix critique.

Selon l'Association des journalistes de Turquie (TGC), 170 organes de presse ont été fermés, 105 journalistes placés en détention et 777 cartes de presse annulées depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet.
La Turquie est 151e au classement mondial de la liberté de la presse dressé par RSF en 2016, derrière le Tadjikistan et juste devant la République démocratique du Congo.

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a rejeté avec colère mardi la "ligne rouge" évoquée la veille par le président du Parlement européen Martin Schulz après l'arrestation de plusieurs journalistes d'un quotidien d'opposition turc."Mon frère, nous n'avons que faire de ta ligne rouge. Nos lignes rouges, c'est le peuple qui les trace, le peuple ! Quelle autorité a ta ligne ?", a lancé M. Yildirim lors d'un discours à Ankara.Lundi, le président du Parlement européen avait estimé qu'une "nouvelle ligne rouge a été franchie contre la liberté d'expression en Turquie" avec le placement en garde à vue d'une douzaine de journalistes du quotidien d'opposition Cumhuriyet, dont son rédacteur en chef Murat Sabuncu. Le parquet d'Istanbul les soupçonne d'avoir agi pour le compte le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen -...