Lors du GP du Mexique, le paddock bruissait des dernières rumeurs concernant les transferts de pilotes, mais également des responsables d’écurie. Photo AFP
En F1, beaucoup d'acteurs se préparent à valser à l'approche de cette fin de saison : les pilotes, mais aussi les patrons d'écuries et les sponsors, animant autant le paddock que la lutte entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg pour le titre mondial. Alors qu'il ne reste que deux Grands Prix à disputer, en novembre (Brésil et Abou Dhabi), le petit monde de la F1 bruissait à Mexico des dernières rumeurs concernant les transferts de pilotes. Si les principales écuries (Mercedes, Red Bull, Ferrari) ont déjà reconduit leurs tandems actuels, le jeu de chaises musicales bat son plein pour plusieurs autres.
En piquant Nico Hülkenberg à Force India, Renault a libéré un baquet dans cette équipe motorisée par Mercedes. Plusieurs candidats sont sur les rangs, dont les deux espoirs de Manor, une équipe de bas de tableau cliente elle aussi de la marque à l'étoile : Pascal Wehrlein et Esteban Ocon. Renault doit aussi décider du pilote qui occupera son deuxième baquet et n'a que l'embarras du choix : elle pourrait y asseoir Ocon, en accord avec Mercedes, ou garder l'un de ses pilotes actuels, Kevin Magnussen, en contact avec Haas, ou Jolyon Palmer, qui vise Sauber. Sauber et Haas, comme Manor, n'ont pas encore confirmé leurs pilotes pour 2017. Les négociations devraient aboutir dans les prochaines semaines, a priori avant la trêve hivernale.
Ron Dennis à la retraite ?
Les incertitudes ne pèsent pas seulement sur les pilotes. Comme dans les clubs de football, les responsables d'écurie sont aussi obligés de se battre pour garder leur place. Le plus en danger est actuellement Maurizio Arrivabene (Ferrari). Il risque de faire les frais des mauvais résultats de la Scuderia... et de ses mauvais rapports avec Sebastian Vettel. Si Arrivabene part, Éric Boullier (ex-Lotus), actuellement chez McLaren, pourrait bien se recaser à Maranello. Il n'aurait guère apprécié l'arrivée de Jost Capito, ex-responsable sportif de Ford et Volkswagen, en rallye, dans cette écurie qui va fêter au Brésil son 800e Grand Prix.
Chez McLaren, dont le motoriste est Honda, les mauvais résultats, mais pas seulement, pourraient provoquer une révolution de palais. Ron Dennis, son dirigeant historique, qui avait débuté comme mécanicien chez Cooper il y a 50 ans, n'a plus l'appui de certains gros actionnaires qui cherchent à le pousser vers la sortie. McLaren serait aussi en passe de perdre l'un de ses principaux sponsors, le groupe pétrolier Mobil, qui partirait chez Red Bull, pourtant motorisée par Renault... dont le partenaire pétrolier est un groupe concurrent, Total.
Toute velléité de vérifier ces rumeurs se heurte soit au silence, soit à des sourires polis, les énormes intérêts financiers en jeu faisant relever ces discussions du monde secret des conseils d'administration, des lieux où se règlent autant de questions financières que d'inimitiés personnelles.
Les Américains arrivent
Mais la plus grosse partie de bras de fer dépasse les pilotes et les patrons d'écurie. Le groupe américain Liberty Media a annoncé en septembre qu'il rachetait la F1 pour plus de 8 milliards de dollars, dette comprise (4 milliards de dollars). Une F1 jusqu'ici contrôlée par Bernie Ecclestone et le fonds d'investissement CVC Capital Partners. L'arrivée de Liberty Media pourrait contraindre « Mr. E » à passer la main, même s'il dit avoir obtenu de jouer un rôle pendant encore trois ans. Liberty Media doit encore décider comment rentabiliser sa nouvelle acquisition, alors que l'audience de la F1 ne cesse de dégringoler. L'arrivée des Américains suscite l'inquiétude dans le monde de la F1. « Il est très, très important que les nouveaux propriétaires considèrent avec beaucoup d'attention le produit qu'est la F1, et intègrent leurs projets marketing au sein de la F1 plutôt que d'intégrer la F1 dans une stratégie marketing américaine », a souligné Bob Fernley, directeur sportif de Force India, lors d'une conférence de presse à Mexico.
Jean-Louis DOUBLET/AFP

