Les rebelles syriens essayent de briser le siège d’Alep-Est dans le quartier de Dahiyet el-Assad. Ammar Abdullah/Reuters
Une coalition de rebelles islamistes et de jihadistes tente depuis quelques jours, à coups de roquettes et d'obus, de briser les lignes gouvernementales pour parvenir à l'est d'Alep où vivent 250 000 personnes en état de siège depuis juillet, privées d'aide humanitaire et menacées de pénurie alimentaire selon l'Onu.
Les combats, rythmés par les frappes aériennes du régime et de son allié russe, se concentrent à la périphérie ouest d'Alep, attaquée par plus de 1 500 combattants venus des provinces d'Alep et d'Idleb sur un front de 15 kilomètres. Leur intensité était telle qu'ils étaient entendus jusque dans les quartiers est de la ville, pourtant relativement éloignés de la ligne de front, a constaté un correspondant de l'AFP dans ce secteur, qui pouvait voir des colonnes de fumée s'élever au-dessus de la ville. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, « les combats ont atteint leur paroxysme » à Dahiyet el-Assad, un quartier gouvernemental au sud-ouest d'Alep, où les rebelles avaient effectué une avancée vendredi, s'emparant de la majorité du secteur, avant que les forces du régime ne les fassent partiellement reculer.
Les combattants cherchent à progresser vers le quartier voisin de Hamdaniyé, tenu par le gouvernement et situé en bordure des quartiers rebelles assiégés par le régime. La prise de Hamdaniyé permettrait de briser le siège imposé aux quartiers rebelles en établissant un passage vers les zones contrôlées par les insurgés, à l'extérieur d'Alep. « Depuis Dahiyet el-Assad, on va avancer vers Hamdaniyé », a confirmé Yasser el-Youssef, un responsable du groupe rebelle Noureddine Zinki. Une source militaire prorégime a reconnu que l'offensive rebelle était « massive et coordonnée », tout en affirmant que les combattants n'avaient réussi aucune avancée à l'exception du quartier de Dahiyet el-Assad. « Ils utilisent des roquettes Grad et des voitures piégées, et sont soutenus par des combattants étrangers », a-t-elle précisé. Au moins 64 rebelles ont été tués dans les violences qui ont fait pas moins de 55 morts parmi les forces du régime et les combattants engagés à ses côtés, selon l'OSDH.
« Gaz de chlore toxique »
Par ailleurs, depuis vendredi, 41 civils, dont 16 enfants, ont été tués et 250 blessés par les obus et roquettes tirés par les rebelles sur les quartiers ouest d'Alep, a indiqué l'OSDH. L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, s'est dit « horrifié » et « choqué » par ces tirs, évoquant de possibles « crimes de guerre ». « Ceux qui prétendent qu'il s'agit de soulager le siège d'Alep-Est devraient se rappeler que rien ne justifie l'usage d'armes disproportionnées et sans discrimination, y compris les armes lourdes, dans des secteurs habités par des civils », a-t-il ajouté.
L'agence officielle Sana a accusé pour sa part les « groupes terroristes » – terminologie du régime pour parler des rebelles – d'avoir « visé le quartier de Hamdaniyé avec du gaz toxique », évoquant « 35 cas de suffocation » et des blessés souffrant de « spasmes musculaires » et de « dilatation de la pupille ». Le directeur de l'hôpital universitaire d'Alep, Ibrahim Hadid, interrogé par la télévision publique, a accusé les « terroristes » d'avoir utilisé « du gaz de chlore toxique ».
(Source : AFP)

