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Nos lecteurs ont la parole - Sylvain Thomas

La joie de vivre, signe de bonne santé

Tous les hommes ont au moins en commun un même idéal : celui d'être heureux. Certes, il est différent de l'éprouver ou de le susciter, mais il n'empêche que l'on conçoit mal un individu se complaisant dans le malheur. Peut-être les hommes sont-ils d'accord sur cet idéal, parce qu'ils savent bien qu'il ne s'agit que d'un idéal, d'un but plus ou moins illusoire que contredit à chaque instant la vie réelle. Aussi, lorsqu'ils décèlent en celle-ci des moments où ils voient s'offrir à eux des occasions de se réjouir, cherchent-ils à en profiter avec intensité.
La nature offre par elle-même certaines de ces occasions : les plaisirs les plus immédiats ne sont-ils pas ceux du corps ? Étancher sa soif ou sa faim, pratiquer des exercices physiques tels que la marche ou la musculation. À l'exemple de la nature, nous avons inventé d'autres possibilités de réjouissance. Certaines obéissent même à des rites, à des traditions, à des faits d'institution : les cadeaux, les fêtes, les jeux. Le bonheur reste en général un idéal lointain. C'est vrai dans la mesure où l'hypothèse de recréer un Éden terrestre, un âge d'or miraculeux, nous paraît désormais bien incertaine.
En revanche, il importe que cet idéal continue à inspirer hommes et peuples. Il arrive d'ailleurs que dans certaines occasions privilégiées on vive des semaines, des mois, voire des années dans une atmosphère de bonheur. Alors se réalise une harmonie entre nos vœux et la réalité qui nous donne l'impression d'accéder à une sorte de plénitude morale.
Ne croyons pas que seule la fortune ou la puissance soient ici en cause. Bien au contraire, le bonheur choisit souvent des entrées plus modestes dans notre existence. Ne serait-il pas en tout état de cause le produit de la paix et de la liberté ?
Nombreux sont ceux qui ont l'impression de payer bien cher les moments de bonheur qu'ils arrachent à une vie qu'ils voient au contraire semée d'embûches et de difficultés. D'abord, dès que le corps nous trahit, le monde change d'aspect à nos yeux : la maladie nous plonge aussitôt dans une situation de dépendance organique qui efface les efforts de notre liberté.
De plus, ne sommes-nous pas toujours inquiets de quelque chose, contrariés, anxieux ? Ne sommes-nous pas toujours dépendants d'une attente, d'un ennui ? Ce fond permanent de problèmes à résoudre n'est-il pas le véritable lot de l'humanité ?
Les pessimistes ont beau jeu de mettre ainsi en valeur la part négative du vécu. Ils peuvent même construire, à partir de ces constatations, des conceptions sombres où seront exposées les mille raisons qu'a l'homme de se plaindre et de se laisser abattre, sans qu'apparaisse nulle part l'apport positif de l'expérience humaine.
Deux forces contraires se cachent en nous. Il y a dans notre psychisme un conflit qui opposerait les forces de la vie à celles de la mort. Dans certains cas, celles-ci l'emportent dans un esprit soumis à un régime sévère de détention, à une adversité trop insupportable ou à des injustices flagrantes. Mais elles s'épanouissent surtout chez le solitaire, l'introverti.
En fin de compte, la vie est une succession et une somme d'événements parfois infimes, parfois importants, dont la trajectoire incertaine échappe à toute logique. Mais si l'on ne peut organiser son bonheur à la façon dont on prévoirait une carrière professionnelle ou matrimoniale, on doit pourtant faire vraiment confiance au fait de vivre, à l'espoir, à la santé et à l'espérance pour faire face aux grands défis de la condition humaine de tous les jours.

Sylvain THOMAS

Tous les hommes ont au moins en commun un même idéal : celui d'être heureux. Certes, il est différent de l'éprouver ou de le susciter, mais il n'empêche que l'on conçoit mal un individu se complaisant dans le malheur. Peut-être les hommes sont-ils d'accord sur cet idéal, parce qu'ils savent bien qu'il ne s'agit que d'un idéal, d'un but plus ou moins illusoire que contredit à chaque instant la vie réelle. Aussi, lorsqu'ils décèlent en celle-ci des moments où ils voient s'offrir à eux des occasions de se réjouir, cherchent-ils à en profiter avec intensité.La nature offre par elle-même certaines de ces occasions : les plaisirs les plus immédiats ne sont-ils pas ceux du corps ? Étancher sa soif ou sa faim, pratiquer des exercices physiques tels que la marche ou la musculation. À l'exemple de la nature, nous avons...
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