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Moyen Orient et Monde

Les maîtres des sondages étourdis par le yo-yo des chiffres

Présidentielle US

Les prévisions mathématiques déboussolées : « Nous ne savons pas vraiment qui va voter... »

27/10/2016

Tous les citoyens du monde votent, même sous les régimes des présidents zimbabwéen Mugabe et syrien Assad, entre autres. Mais l'électeur américain se distingue du reste : le monde attend son choix avec impatience ou appréhension, ou les deux sentiments à la fois. Et à douze jours de l'élection présidentielle, le vote du citoyen américain balance, comme d'habitude, entre son idéal politique et le candidat qu'il pense être le plus à même de gérer les problèmes du moment. La prodémocrate Oprah Winfrey résume cette évidence par un conseil : « Votez pour Hillary, sans que vous n'ayez pour autant à l'aimer. »

Cet état de fait, ce swinging vote tous azimuts affole les instituts de sondage. D'ailleurs, maintenant que le concept de l'endossement a été vidé de toute son essence électorale, les sondages n'ont pratiquement plus aucun poids, surtout durant cette phase finale : il est peu pensable désormais que les avis puissent encore changer. « L'on se demande s'il reste vraiment des indécis... », s'interroge un observateur avisé du processus électoral. Il faut dire qu'actuellement, une (vieille) thèse prime sur toutes les autres. Elle soutient qu'il est inconcevable qu'un millier de personnes, choisies par deux douzaines d'instituts de sondage, puissent représenter réellement quelques dizaines de millions d'électeurs américains enregistrés.

Comme l'a remarqué un électeur interrogé au hasard sur une chaîne télévisée il y a quelques jours : « So what ! » Il expliquait que les sondages ne sont que « les simples et rapides réponses d'un échantillon ne traduisant pas, en définitive, l'opinion globale ». En fait, les chiffres contradictoires de tous les sondeurs concernant cette présidentielle font effet de yo-yo, et il est devenu quasi impossible de savoir au juste où l'on en est dans cette dramatique course à la Maison-Blanche.

 

(Lire aussi : Trump ou Clinton ? Des Libano-Américains répondent à L'Orient-Le Jour)

 

L'égalité parfaite
Dans les intentions de vote, le républicain Donald Trump est à la traîne derrière la démocrate Hillary Clinton depuis une semaine. Ce qui ne l'a pas empêché de remplir, avant-hier, l'énorme hangar d'un aéroport en Floride avec dix mille supporters qui ont fait une queue de douze heures pour pouvoir être de la partie. À quelques heures d'intervalle, le candidat à la vice-présidence démocrate, Tim Kaine, n'a pu réunir à un meeting qu'une trentaine de personnes. Difficile d'expliquer cette différence avec les pourcentages établis, notamment par deux spécialistes de ces opérations, ABC News et Monmouth, et qui donnent à Mme Clinton 12 points d'avance sur M. Trump. Deux autres sondeurs de grand renom, Investor's Business Daily et Technometrica Marker Intelligence, placent, eux, les deux candidats à égalité, avec 41 % d'intention de vote. Sauf que l'histoire montre qu'à chaque fois que ce cas de figure (une égalité parfaite dans les sondages) s'est présenté, le gagnant de l'élection présidentielle a pulvérisé l'autre candidat.

Tout ce qui touche à cette élection n'est que tension et confusion. Et l'intensification de la guerre des sondages a rendu la situation intenable. La plupart de ces illustres boîtes de comptage n'ont pas caché la difficulté qu'elles ont eu à travailler durant ces élections et elles ont blâmé pour cela une volatilité sans précédent, ainsi que deux candidats historiquement impopulaires, mais aussi le changement rapide du comportement démographique des électeurs. Il était donc ardu dans ces circonstances de savoir qui vote pour qui et qui va aller aux urnes ou rester à la maison. Ces spécialistes eux-mêmes sont déroutés par l'extrême variation de tous ces calculs. Fran Coombs, analyste au très crédible institut de sondage Rasmussen, a confié au journal The Hill : « C'est une année électorale folle, nous disent les chiffres... Nous, nous apportons juste la méthodologie. »

En 2008, Barack Obama avait battu le sénateur John McCain à plate couture grâce à un tsunami financier, vu que la campagne de l'actuel président américain avait coûté presque un milliard de dollars. « Aujourd'hui que tout est encore plus exagéré, note un indépendant, on aura dépensé plus d'argent et moins de bon sens. » Quant à John Zogby, de l'institut de sondage portant son nom, il en arrive à cette conclusion, qui résume pratiquement tous les sons de cloche : « Nous ne savons pas vraiment qui va voter, ce qui rend le tableau bien plus fluctuant. »
Ce 8 novembre 2016 verra sans aucun doute la planète encore plus vissée que d'habitude aux écrans de télévision américains.

 

 

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J Nassar

Les experts des sondages auraient du s'y attendre : les gens en ont marre de cette élection.
Surtout les plus éduqués: on sait très bien qu'il n'y a pas vraiment d'anonymat. Si les sondeurs ne le savent pas, d'autres programmeurs plus intelligents le savent.
En fin de compte, ce qui importe vraiment aux électeurs se résume en quatre points:
1. leur travail
2. l ‘assurance médicale
3. l ‘éducation
4. la sécurité (intérieure , pas extérieure)

ACE-AN-NAS

Quelque soit le clown qui sera mis en place , il ne pourra pas intervenir autrement que ce que font les yanky en ce moment .

Rappelons que le président au Liban devait attendre le résultat des élections , et certains félés disaient même que cela allait se faire entre janvier et mars 2017 .

Apparemment on l'aura eu notre président avant leur clown à venir .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

HILARY A LE VENT EN POUPE... MAIS AUX U.S. LES COURANTS CHANGENT AVEC LE LAVAGE DES CERVEAUX... S,IL Y EN A... ALORS, TOUT EST POSSIBLE ! EN TOUT CAS POUR LES RUSSES ET LEURS ACCESSOIRES EN SYRIE HILARY EST LE MAL... LE LUNATIQUE EST L,ANATHEME BIEN QU,ON CROIT LE CONTRAIRE !

Bery tus

Trump ne la verra !!

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