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Moyen Orient et Monde

L’establishment républicain aux abois, quel que soit le sort de Donald Trump

Présidentielle US

Loin de baisser les bras devant les coups que lui inflige son parti en pleine implosion, le candidat hypercontroversé lui déclare la guerre : « Je veux vous apprendre comment on gagne ! »

14/10/2016

Alors que Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des représentants, annonçait qu'il ne voterait pas pour lui, sans pour autant lui retirer son endossement, Donald Trump a réagi avec violence, disant de ses pairs : « Ils ne savent pas gagner, je veux leur apprendre comment on gagne ! » Et, s'il n'est pas élu président des États-Unis, il partira à nouveau en guerre, contre le système cette fois, qu'il accuse « d'avoir mené des élections truquées et manipulées ». Il n'oubliera pas non plus sa menace d'intenter un procès contre sa rivale démocrate, Hillary Clinton, pour l'envoyer derrière les barreaux.

Dans un long article publié au début de cette année, le Washington Post avait prédit l'implosion du parti républicain provoquée par la candidature de Donald Trump. Et cela est sur le point d'arriver. « En fait, la lente division du GOP avait commencé il y a huit ans, avec l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche. Plus précisément, quand ce parti, l'un des plus anciens du monde, a pris une décision autodestructrice de ne rien accorder à ce nouveau président démocrate. Cette politique irrationnelle a ainsi ouvert toutes les portes aux insurrections au sein même du parti, dont le Tea Party, qui est devenu de plus en plus influent face au parti républicain. Lequel a fini par perdre tout contrôle », explique un observateur avisé du landernau politique washingtonien, interrogé par L'Orient-Le Jour.

 

(Repère : Les dérapages répétés de Donald Trump sur les femmes)

 

« Le GOP, c'est moi »
Sauf qu'aujourd'hui, un chiffre dit tout : d'après Gallup, 70 % des républicains sont en faveur de Donald Trump, malgré la guerre implicite et explicite des dirigeants de ce parti contre lui. Ce qui a poussé, lundi dernier, les chaînes de télévision CBS et NBC à prédire que « la guerre civile au sein du GOP va coûter à ce parti le Sénat et la Chambre des représentants qu'il domine actuellement ».

La cacophonie des leaders républicains semble des plus pathétiques. Certains politiciens de ce parti ont tout bonnement retiré leur appui à M. Trump, même si cette prise de position ne peut pas avoir l'impact escompté sur tout l'ensemble du pays. Ainsi, dimanche dernier, Paul Ryan avait annulé dans son fief du Wisconsin l'intervention de Donald Trump dans un rallye que tous deux devaient animer. Mais, lorsqu'il a pris la parole, il a été hué par l'audience au point qu'il s'est vu obligé d'interrompre son discours et de quitter la tribune.

Entre-temps, après la diffusion de sa vidéo révélant les propos offensant contre les femmes, il y a une décennie, Donald Trump a immédiatement présenté ses excuses. Ce qui a freiné la précipitation du parti républicain, prêt à le dénoncer. Et la côte de sa campagne est montée en flèche, laissant ses critiques républicains en désarroi après qu'ils aient annoncé sa fin prématurée. De plus, ils le voient en train de gagner en popularité depuis le deuxième débat de dimanche dernier et de s'imposer en affirmant que « le GOP c'est moi ». De quoi être alarmé, d'autant qu'il a déjà à son actif 13 millions de voix acquises durant les primaires. Et c'est clair que d'aller contre Trump devient un pari risqué.

L'establishment républicain est très inquiet par le destin du parti après Donald Trump, vainqueur ou perdant, car il va demeurer une force dans ce mouvement. Selon un observateur, « les démocrates qui avancent que Trump a démontré la véritable nature des républicains ont amené certains d'entre eux à penser que cela est peut-être vrai. Et le choix des républicains de virer plus à droite vers l'ultraconservatisme a poussé les véritables conservateurs, qui ne sont pas dans le tumulte électoral, à avouer que le conservatisme est finalement bon, et que ce qui ne l'est pas, c'est le parti républicain. Ce qui est annonciateur d'une nouvelle fissure ».

 

 

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