Le ministre nigérian de l'information a déclaré jeudi que la libération de 21 lycéennes de Chibok, enlevées en avril 2014 avec plus de 200 de leurs camarades, n'avait pas été obtenue en échange de prisonniers.
"Veuillez noter que cela n'était pas un échange. Cette libération est le fruit de douloureuses négociations et de confiance des deux côtés", a déclaré le ministre, Lai Mohammed, lors d'une conférence de presse à Abuja. Il a démenti les informations divulguées par des sources locales selon lesquelles les lycéennes avaient été échangées contre quatre combattants.
Le ministre a assuré que les négociations avaient été intenses avec le commandement du groupe jihadiste Boko Haram. "A partir du moment où nous avons réussi à établir un lien de confiance, les deux parties se sont mises d'accord sur la date et le lieu de la libération des 21 filles", a-t-il dit, soulignant qu'il s'agissait d'une "étape majeure" dans ce conflit qui a dévasté le nord-est du Nigeria depuis 2009. Attendues à Abuja, les jeunes femmes devraient recevoir un suivi médical et psychologique.
La présidence avait révélé le mois dernier que de précédentes négociations avec Boko Haram avaient échoué, notamment à cause des récentes divisions à la tête du groupe islamiste ou parce que le gouvernement était réticent à accéder aux demandes du groupe.
Pour cette libération, Abuja a demandé l'aide du CICR (Comité International de la Croix-Rouge) ainsi que de la Suisse, qui ont joué le rôle d'intermédiaires entre les deux parties. "A la demande du gouvernement nigérian, la Suisse a facilité les contacts entre les autorités et les intermédiaires de Boko Haram (...). La Suisse s'y est engagée sur des bases humanitaires", a déclaré Pierre-Alain Eltschinger, porte-parole pour le département fédéral suisse des Affaires étrangères.
Parmi les 276 lycéennes enlevées par Boko Haram le 14 avril 2014, 57 avaient réussi à s'échapper juste après le rapt, et l'une d'entre elles a été retrouvée par l'armée au mois de mai. Relayé par les médias du monde entier, ce kidnapping de masse a provoqué une vague d'indignation massive, notamment sur Twitter sous le hashtag #Brinbackourgirls ("Ramenez-nous nos filles"). L'insurrection de Boko Haram a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.
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Abuja nie avoir échangé des combattants de Boko Haram contre 21 lycéennes de Chibok
AFP / le 13 octobre 2016 à 18h37


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