Les contrôles systématiques aux frontières extérieures de l'espace Schengen, qui vont pouvoir s'appliquer aussi aux Européens, devront se faire sans "aucune dérogation", a insisté jeudi le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, lors d'une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.
Le ministre français visait en particulier le Parlement européen, avec qui les Etats membres sont engagés dans des négociations sur les modalités d'application de ces contrôles systématiques, aujourd'hui réservés aux non-Européens, mais qu'une réforme prévoit d'étendre aux ressortissants de l'UE, sur fond de menace terroriste persistante.
"Pour nous, cette règle doit être appliquée fermement, elle ne peut souffrir aucune dérogation", a déclaré M. Cazeneuve devant la presse, après l'avoir fait devant ses collègues, évoquant "la tentation qu'il pourrait y avoir de dévoyer à la fois l'esprit et la lettre" de cette mesure que les Etats membres ont déjà acceptée entre eux.
Selon une source diplomatique, le Parlement souhaiterait, avant de l'adopter, élargir le champ des dérogations prévues et limiter le nombre de bases de données qui seront consultées à chaque contrôle. Des inquiétudes se sont aussi manifestées quant à l'impact de la mesure sur la fluidité du trafic à certaines frontières.
Il faut que le "Parlement européen intègre le fait que si nous témoignons de la moindre faiblesse dans la mise en oeuvre de cette mesure (...), la crédibilité de l'Europe, des institutions européennes, des gouvernements européens, dans le domaine de la protection de leurs ressortissants face au risque terroriste s'en trouvera fortement obérée, et ce dans un contexte où montent les populismes", a fait valoir M. Cazeneuve.
Les contrôles systématiques des ressortissants européens visent notamment à prendre en compte le fait que des milliers de ressortissants de l'UE ont rejoint la Syrie et l'Irak, avant qu'un certain nombre d'entre eux ne se trouvent impliqués à leur retour dans des actes terroristes en Europe.
La France et l'Allemagne ont également demandé jeudi l'organisation "le plus rapidement possible" d'un exercice "grandeur réelle" de la nouvelle agence de gardes-frontières et de gardes-côtes européens, lancée officiellement le 6 octobre, a précisé le ministre français.
Son homologue allemand Thomas de Maizière a lui répété qu'il souhaitait une prolongation de l'autorisation des contrôles réintroduits à l'intérieur de l'espace Schengen par cinq pays confrontés à un afflux migratoire (Allemagne, Autriche, Danemark, Suède, Norvège), alors que l'échéance de cette mesure exceptionnelle arrive le 12 novembre.
La Commission européenne a prévu de faire une recommandation sur ce thème dans les jours précédant cette date.
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Terrorisme : la France ne veut "aucune dérogation" aux contrôles aux frontières extérieures de l'UE
AFP / le 13 octobre 2016 à 17h00


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