Plus de deux millions d'Américains ont été sommés d'évacuer le littoral atlantique à l'approche, hier, de l'ouragan destructeur Matthew, qui s'est renforcé et a totalement dévasté la côte sud de Haïti. La puissante dépression a fait au moins 108 morts sur l'île, a indiqué hier le ministre haïtien de l'Intérieur, François Anick Joseph. La zone touchée restait difficile d'accès, 48 heures après que Matthew l'eut frappée de plein fouet.
L'ouragan, qui s'est abattu sur la Floride dans la nuit, selon le centre américain de surveillance des ouragans (NHC), est repassé en catégorie 4 (sur une échelle de 5) à l'approche des côtes américaines, à un cran seulement de la catégorie la plus élevée de l'échelle Saffir-Simpson qui mesure ces phénomènes. « C'est le plus puissant ouragan touchant cette zone depuis des décennies », selon le NHC.
« N'allez pas faire du surf, n'allez pas sur les plages. Vous serez tués », a mis en garde le gouverneur de Floride, Rick Scott, lors d'un point de presse au ton grave. M. Scott a annoncé avoir activé 1 000 membres supplémentaires de la garde nationale, portant à 2 500 le nombre de militaires prêts à aider aux évacuations et à l'aménagement des abris. Quelque 4 000 gardes supplémentaires sont en alerte et peuvent être déployés rapidement. « Le temps presse », a-t-il souligné pour convaincre les habitants de se réfugier dans les abris, le plus possible à l'intérieur des terres, alors que les vents pourraient souffler jusqu'à 240 km/h. Le gouverneur a enjoint ses concitoyens à ne pas attendre la dernière minute pour prendre la route et risquer de se retrouver coincés dans des embouteillages ou faute d'essence.
En Caroline du Sud, déjà frappée en 2015 par de graves inondations, plus d'un million de personnes vivant près des côtes ont reçu l'ordre de se réfugier, dès mercredi, à l'intérieur des terres. Mais la gouverneure Nikki Haley les a jugées hier « insuffisantes », prévenant que les eaux pourraient monter « beaucoup plus loin à l'intérieur des terres que les gens ne l'imaginent ». La Géorgie a, elle aussi, donné l'ordre, hier, d'évacuer six comtés de son littoral à l'approche de Matthew, qui devrait frapper ses côtes demain. Les candidats à la Maison-Blanche, Hillary Clinton et Donald Trump, ont également exhorté les habitants à bien évacuer, même si certains semblaient défier les ordres.
L'armée américaine a, elle, mis à l'abri plusieurs navires et avions, et son agence aérospatiale de renseignements militaires, la NGA, a créé un site dédié à l'ouragan (http://nga.maps.arcgis.com) pour y recenser les dommages et routes coupées. La puissance dévastatrice de Matthew balaye pour le moment le centre de l'archipel des Bahamas, où des habitants qui avaient refusé d'évacuer se sont retrouvés piégés dans leur maison par la montée des eaux, tandis que tout l'archipel touristique était à l'arrêt et sans électricité.
Enfin, la tempête tropicale Nicole s'est transformée en ouragan hier en milieu de journée, a annoncé le NHC, précisant que les côtes des Bermudes devraient subir les assauts d'une mer agitée.
(Source : AFP)

