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Moyen Orient et Monde - Irak

Tensions entre Ankara et Bagdad avant l’opération de Mossoul

Des soldats turcs en Irak, le 22 mars 2016. Photo AFP

Une joute diplomatique opposait hier la Turquie et l'Irak au sujet de l'offensive attendue pour libérer Mossoul, le bastion du groupe jihadiste État islamique (EI) dans le nord de l'Irak.
La dispute porte notamment sur le déploiement de troupes turques près de Mossoul, une présence à laquelle s'oppose fermement le Premier ministre irakien Haider al-Abadi. « Nous ne voulons pas entrer dans un conflit régional », a affirmé hier M. Abadi lors d'une conférence de presse à Bagdad, disant craindre que « l'aventure turque ne tourne en une guerre régionale ». Le Parlement irakien a appelé le gouvernement à prendre des mesures de rétorsion contre la Turquie, qualifiant de « force d'occupation » les troupes turques présentes dans la base de Bachiqa, dans le nord de l'Irak, pour entraîner des volontaires irakiens sunnites en vue d'une reconquête de Mossoul. Bagdad s'est offusqué d'un vote du Parlement turc durant le week-end prolongeant le mandat qui autorise les troupes turques à intervenir en Irak et en Syrie.
La Turquie a exprimé de son côté à plusieurs reprises ces derniers jours des réserves sur une éventuelle participation à l'offensive pour reprendre Mossoul de milices chiites ou de groupes armés kurdes hostiles à Ankara. Signe des tensions entre les deux voisins, Ankara a convié mardi l'ambassadeur irakien pour lui demander des explications et Bagdad a fait de même avec l'ambassadeur turc hier, selon des sources au sein des deux ministères des Affaires étrangères.

« Mauvaise foi »
« Où était le gouvernement irakien quand Daech (acronyme arabe pour l'EI) a capturé Mossoul ? » s'est emporté hier le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus, furieux contre l'emploi du terme « force d'occupation » par des parlementaires irakiens. Lors d'une conférence de presse hier à Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a accusé le gouvernement irakien de faire preuve de mauvaise foi à l'égard de son pays. Il a indiqué que des responsables officiels de Bagdad avaient même « visité le camp (de Bachiqa) et l'avaient soutenu financièrement » dans le passé.
Ankara estime avoir des droits historiques sur Mossoul près de laquelle elle a installé la base à Bachiqa, au grand dam de Bagdad.
Le ministre de la Défense Fikri Isik a quant à lui averti qu'une offensive contre Mossoul risquait de provoquer la fuite de jusqu'à un million de personnes de la région. « Nos alliés doivent attentivement examiner la possibilité de voir jusqu'à un million de réfugiés en cas d'une opération à Mossoul. Un tel problème devra être résolu à l'intérieur des frontières de l'Irak », a-t-il déclaré dans un communiqué publié hier par l'agence Dogan. Un éventuel flux de réfugiés fuyant vers le territoire turc représenterait « un grand fardeau » pour la Turquie et pourrait même avoir un impact pour l'Europe, a-t-il ajouté.
La Turquie accueille déjà quelque 3 millions de réfugiés, essentiellement des Syriens ayant fui la guerre civile dans leur pays.
(Source : AFP)

Une joute diplomatique opposait hier la Turquie et l'Irak au sujet de l'offensive attendue pour libérer Mossoul, le bastion du groupe jihadiste État islamique (EI) dans le nord de l'Irak.La dispute porte notamment sur le déploiement de troupes turques près de Mossoul, une présence à laquelle s'oppose fermement le Premier ministre irakien Haider al-Abadi. « Nous ne voulons pas entrer dans un conflit régional », a affirmé hier M. Abadi lors d'une conférence de presse à Bagdad, disant craindre que « l'aventure turque ne tourne en une guerre régionale ». Le Parlement irakien a appelé le gouvernement à prendre des mesures de rétorsion contre la Turquie, qualifiant de « force d'occupation » les troupes turques présentes dans la base de Bachiqa, dans le nord de l'Irak, pour entraîner des volontaires irakiens sunnites...
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