Des combats persistants dans et autour de Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan et le manque de vivres poussaient la population à fuir mercredi, au troisième jour d'une offensive éclair des talibans selon plusieurs sources.
Si le centre-ville a été officiellement repris lundi soir par les forces afghanes avec l'aide des troupes américaines, des explosions et des tirs continuaient cependant de retentir en raison de la résistance de combattants retranchés dans les maisons, selon Mahmood Danish, porte-parole du gouverneur de la province.
"La grande opération de nettoyage n'a pas encore pu être lancée car les ennemis continuent de se cacher dans les maisons. Mais nous aurons bientôt fini de les chasser tous de la ville" a-t-il assuré à l'AFP.
Selon un reporter de la chaîne de télévision locale Tolo News, resté au cœur de la cité, la reprise en main des autorités semble plus limitée: "Tous les quartiers de Kunduz à l'exception du siège du gouverneur, du NDS (les services de renseignements, ndlr) et de quelques autres bâtiments publics sont sous le contrôle des talibans", a-t-il assuré sur Twitter.
L'hôpital général de Kunduz, situé dans les faubourgs, a essuyé deux tirs de roquettes d'origine inconnue sans faire de victimes, a dénoncé le directeur provincial des services de santé, Abdul Hamid Alam.
Cet établissement, alors opéré par Médecins sans Frontières, avait été dévasté par une frappe américaine le 3 octobre 2015. Cette "erreur" avait tué 42 patients et membres du personnels. MSF n'a pas été en mesure lundi de marquer cet anniversaire en raison des combats.
Le correspondant de l'AFP sur place a également signalé des explosions en ville et des combats à l'extérieur et dans certains faubourgs, précisant qu'il observait également au loin des survols d'avions de combat et d'hélicoptères.
Pour la population exténuée, le quotidien reste pénible sans eau ni électricité et avec de graves difficultés d'approvisionnement qui font grimper les prix notamment du pain. Les écoles et les services administratifs restent fermés et seuls les commerces de première nécessité ont levé leur rideau.
"Nous manquons de vivres et les prix s'envolent. Le pain qui coûtait 15 afghanis en vaut maintenant 40 (de 20 à 55 centimes d'euros) et il faut faire la queue des heures devant les boulangeries" s'est plaint à l'AFP Khalid, un résident.
Dans ces conditions, les familles continuent d'essayer de fuir à bord des bus pour Kaboul, mais la ville manque de moyens de transports.
"Presque tout le monde veut partir" assure Nasirullah qui espère un bus pour embarquer avec sa famille. "Ca fait des heures que j'essaie de trouver un moyen de transport mais tous les véhicules sont pleins".
La ville de Kunduz, important noeud économique et commercial à la frontière du Tadjkistan, est la seule capitale provinciale tombée aux mains des talibans depuis la fin de leur régime en 2001: ils avaient réussi à en garder le contrôle trois jours durant en septembre 2015.
Cette nouvelle offensive vaut aux autorités de vives critiques de la part des responsables provinciaux qui les accusent de "négligence" au détriment de la population.
Mais c'était pour les talibans l'occasion de se manifester au moment où le gouvernement afghan sollicitait à Bruxelles le renouvellement de l'aide internationale auprès des donateurs.
De même, un attentat suicide contre un minibus de fonctionnaires a blessé quatre personnes en fin de journée à Kaboul, selon le ministère de l'Intérieur.
Si le centre-ville a été officiellement repris lundi soir par les forces afghanes avec l'aide des troupes américaines, des explosions et des tirs continuaient cependant de retentir en raison de la résistance de combattants retranchés dans les maisons, selon Mahmood Danish, porte-parole du gouverneur de la province.
"La grande opération de nettoyage n'a pas encore pu être lancée car les ennemis continuent de se cacher dans les maisons. Mais nous aurons bientôt fini de les chasser tous de la ville" a-t-il assuré à l'AFP.Selon un reporter de la chaîne de télévision locale Tolo News, resté au cœur de...


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