Au deuxième trimestre, la croissance de Twitter est restée atone avec une stagnation du nombre des utilisateurs à 313 millions et une nouvelle perte nette de 107 millions de dollars. Brendan McDermid/Reuters
Le site de microblogging Twitter, qui n'a jamais dégagé de bénéfices, serait sur le point d'être vendu après avoir cherché sans succès un modèle économique viable.
Le groupe est en discussions avec différentes sociétés technologiques, dont Google et Salesforce.com, a rapporté hier la chaîne d'informations financières CNBC. Microsoft et l'opérateur Verizon seraient aussi sur les rangs. Une transaction pourrait être annoncée d'ici à la fin de l'année. En Bourse, l'action Twitter bondissait de 20,45 % à 22,44 dollars à 21h30.Contacté par l'AFP, Twitter n'a pas réagi dans l'immédiat.
Le réseau étudie depuis plusieurs semaines différentes options pour relancer sa croissance : outre sa vente, sont également sur la table des suppressions d'emploi, des cessions d'actifs comme la régie publicitaire MoPub ou même l'application de partage de courtes vidéos Vine. Au deuxième trimestre, la croissance est restée atone avec une stagnation du nombre des utilisateurs à 313 millions et une nouvelle perte nette de 107 millions de dollars.
L'offensive récente de Twitter dans la vidéo en direct, notamment sportive, pourrait le rendre intéressant pour de nombreux groupes technologiques et pour des médias en quête de relais de croissance, selon le cabinet de recherche BTIG. Dans cette optique, Disney et NewsCorp (Murdoch) seraient ainsi des acquéreurs potentiels.
Absence de modèle économique viable
Un rachat par Google devrait susciter des réticences des autorités antitrust qui y opposeraient leur veto, d'après BTIG, tandis que Salesforce.com devrait casser sa tirelire, car il ne pèse qu'environ le double de Twitter en Bourse (48 milliards de dollars contre 15 milliards, hier).
Contrairement aux autres réseaux sociaux et sites de partage de contenu (Facebook, LinkedIn, Snapchat, Instagram), Twitter n'a jamais vraiment trouvé son modèle économique, ayant des difficultés à fidéliser ses utilisateurs.
Twitter tire principalement ses revenus des promoted tweets (tweets des annonceurs) qui apparaissent lors d'une recherche ou dans la timeline, et des promoted trends (tendances) dont le but est de permettre de créer une visibilité complémentaire à son mot-clé (hashtag). Une autre source de revenus vient des promoted accounts, qui sont des mises en avant de comptes spécifiques.
Sa nouvelle priorité qu'est la diffusion des événements sportifs en direct et en streaming est censée l'aider à séduire un public plus large et attirer les annonceurs. Une première rencontre retransmise la semaine dernière a réuni 2 millions de personnes.
Plus symbolique : Twitter a assoupli la règle d'or limitant les tweets à 140 caractères, sa marque de fabrique. En dépit de ces efforts, les annonceurs jugent toujours insuffisant le nombre de twittos actifs. D'autres estiment que les données publiées dans les tweets sont moins personnelles que sur Facebook et donc moins juteuses pour la publicité ciblée.
« La valeur ajoutée de Twitter pour les annonceurs est en train de diminuer », estime la banque RBC Capital Markets, qui fonde cette conclusion sur une enquête réalisée auprès de 1 100 professionnels de la publicité.
Fondé en 2006, Twitter s'est rapidement destiné aux professionnels de la communication et de l'information. Son interface, faite de hashtags et d'arobases intégrées dans un fil de notifications chronologique, est moins intuitive à utiliser que celle de Facebook. Les jeunes lui préfèrent des services de messagerie instantanée comme Snapchat et WhatsApp.
(Source : AFP)

