Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’adressant à la presse lors de sa visite à Shimon Peres, à l’hôpital Tel-Hashomer. Jack Guez/AFP
L'ex-président israélien et Prix Nobel de la paix Shimon Peres restait dans un état grave hier, mais son médecin a fait état d'une « réelle amélioration » incitant à un optimisme prudent pour cette personnalité historique respectée en Israël et à l'étranger.
Son médecin personnel, qui est aussi son gendre, a fait état auprès de l'AFP d'une « réelle amélioration », après une deuxième nuit à l'hôpital Tel-Hashomer de Ramat Gan, le plus grand établissement israélien proche de Tel-Aviv. « Il y a une amélioration graduelle, il y a de nouveau une réelle amélioration », a dit Rafi Walden. « On continue à décrire son état comme grave mais stable, et ça restera comme ça pendant les jours à venir », a-t-il ajouté. Les médecins ont déjà indiqué que le temps, le repos et une surveillance étroite étaient leurs meilleurs alliés. Ils ont décrit comme cruciaux les deux ou trois jours suivant l'accident.
M. Peres est toujours en soins intensifs en neurochirurgie et y demeurera de manière prolongée, il reste sous respirateur artificiel et sous sédatifs pour ne pas se fatiguer, a dit M. Walden. Mais le praticien a confirmé l'espoir prudent qui avait commencé à poindre la veille, alors que l'état de M. Peres avait été initialement qualifié de critique. « Il serre la main et il bouge les jambes, c'est l'indication qu'il écoute et qu'il réagit à nos sollicitations », a-t-il précisé. « Pour l'instant nous sommes optimistes. De façon réservée, mais nous sommes optimistes », a-t-il dit.
M. Peres, 93 ans, a été victime mardi d'un accident vasculaire cérébral majeur faisant craindre pour la vie du dernier survivant de la génération des pères fondateurs de l'État d'Israël, qui fut aussi l'un des principaux artisans des accords d'Oslo signés avec les Palestiniens dans les années 1990. Avec M. Peres s'éteindrait, après l'Israélien Yitzhak Rabin et le Palestinien Yasser Arafat, le dernier des trois hommes qui avaient été récompensés en 1994 par le Nobel « pour leurs efforts en faveur de la paix au Moyen-Orient ».
Les médecins se sont gardés jusqu'alors d'évoquer les séquelles de l'accident. Ses proches présents à ses côtés ont dit avoir reçu un afflux de marques de sympathie d'Israël et du monde entier. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est rendu mercredi soir à l'hôpital où est soigné son vieil adversaire travailliste. « On espère, on prie », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, les Clinton, le président russe Vladimir Poutine et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair se sont enquis de son état auprès de l'hôpital, a déclaré une porte-parole.
Au cœur des grandes batailles de la courte histoire d'Israël et des farouches controverses d'un monde politique israélien féroce, M. Peres est devenu une personnalité largement consensuelle sur la scène israélienne, considéré comme un sage de la nation. Premier ministre à deux reprises, entre 1984 et 1986 et en 1995-1996, puis président de 2007 à 2014, il a occupé pendant plus de 50 ans de vie publique de nombreux postes à responsabilité : Défense, Affaires étrangères, Finances... À 93 ans, M. Peres est resté actif à travers son Centre Peres pour la paix, qui promeut la coexistence entre juifs et Arabes. Ses activités avaient été interrompues en janvier par deux alertes cardiaques en dix jours.
M. Peres n'a toutefois pas toujours été un homme de paix, cautionnant, alors qu'il était ministre de la Défense dans les années 1970, les premières colonies juives en Cisjordanie occupée. Il était en outre Premier ministre quand l'aviation israélienne a bombardé le village libanais de Cana, tuant 106 civils en avril 1996.
(Source : AFP)


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