Plusieurs milliers de personnes battaient le pavé jeudi en France, manifestations pour certaines émaillées d'incidents, afin de réclamer une fois encore l'abrogation d'une réforme contestée du droit du travail, adoptée cet été après des mois d'une vive contestation politique et sociale.
Pour la 14e fois, les opposants à la "loi Travail" ont défilé dans les rues de Paris et d'une centaine de villes pour demander le "retrait intégral" de cette loi défendue par le gouvernement socialiste contre une partie de son camp.
Le texte, censé fluidifier le marché du travail dans un pays où le chômage culmine à 10%, est jugé trop favorable aux employeurs par ses détracteurs qui ont multiplié les manifestations, souvent émaillées de violences.
Des échauffourées ont éclaté à plusieurs reprises jeudi lors de la manifestation parisienne, des manifestants jetant des projectiles contre les forces de l'ordre qui ont à leur tour lancé des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Des abribus et du mobilier urbain ont fait l'objet de dégradations.
Six personnes ont été interpellées avant et après le défilé où des jeunes ont scandé "tout le monde déteste la police". A Nantes et Rennes, deux villes de l'ouest où la contestation fut particulièrement vive, des affrontements ont aussi eu lieu avec la police.
Après une trêve estivale, et malgré le vote du texte au Parlement, les détracteurs de la loi Travail ressortaient banderoles et slogans pour cette manifestation annoncée comme la dernière. "Loi travail, non merci. Retrait intégral", proclamait l'une d'elle.
"Ce n'est pas ce que j'appelle un +baroud d'honneur+", a toutefois déclaré le dirigeant du syndicat contestataire CGT, Philippe Martinez, dans le cortège parisien, évoquant pour la suite "d'autres axes de mobilisation: juridique et au sein des entreprises".
Les syndicats espèrent notamment bloquer les accords d'entreprise à qui la loi donne la primauté sur les accords de branche en matière de temps de travail.
Pour eux, à huit mois de la présidentielle, la manifestation vise aussi à maintenir la pression sur un exécutif socialiste accusé d'avoir délaissé son électorat. "On est tombé face a un gouvernement complètement intransigeant. Il en paiera sûrement les conséquences lors des élections et à tous les niveaux", a prédit Cécile Gondard-Lalanne du syndicat Solidaires.
Dans la ville de Belfort (est), le défilé s'est transformé en manifestation des salariés du groupe ferroviaire Alstom qui veulent sauver leur usine, berceau de l'emblématique train à grande vitesse (TGV). La direction souhaite transférer la production sur d'autres sites. Soucieux de ne pas paraître inactif face à la désindustralisation de la France, le gouvernement multiplie les contacts pour ramener des commandes à Alstom.
Pour la 14e fois, les opposants à la "loi Travail" ont défilé dans les rues de Paris et d'une centaine de villes pour demander le "retrait intégral" de cette loi défendue par le gouvernement socialiste contre une partie de son camp.Le texte, censé fluidifier le marché du travail dans un pays où le chômage culmine à 10%, est jugé trop favorable aux employeurs par ses détracteurs qui ont multiplié les manifestations, souvent émaillées de violences.
Des échauffourées ont éclaté à plusieurs reprises jeudi lors de la...

