L’affaire Cahuzac a conduit au renforcement des outils de lutte contre la fraude fiscale et des règles de transparence imposées aux élus....
L'accusation a requis hier trois ans de prison ferme à l'encontre de l'ex-ministre français du Budget Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale et blanchiment, le juste prix de la « trahison » pour avoir « sacrifié tous les principes pour l'appât du gain ».
La procureure a par ailleurs demandé deux ans de prison ferme à l'encontre de son ex-épouse Patricia Ménard, qui a « surpassé » son mari « dans la dissimulation de ses avoirs au fisc », l'administration fiscale.
À l'encontre du banquier et de l'intermédiaire, accusés d'avoir « organisé l'opacité » des avoirs, passés de Suisse à Singapour via des sociétés offshore, le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis et 375 000 euros (421 000 dollars) d'amende.
Contre la banque Reyl, qui a « mis sa technicité au service » de la fraude, il a demandé 1,87 million d'euros (2,10 millions de dollars) d'amende et une interdiction d'exercer toute activité bancaire en France pendant cinq ans.
Jérôme Cahuzac, 64 ans, est jugé depuis le 5 septembre à Paris. Pourfendeur de la fraude fiscale lorsqu'il était au gouvernement, il avait été contraint en avril 2013, peu après sa démission, d'avouer l'existence de comptes dissimulés à l'étranger qui lui ont permis de détourner un « patrimoine global de 3,5 millions d'euros (3,9 millions de dollars) » au fisc, les plaçant parmi les « plus gros fraudeurs » français.
Auparavant, cet ancien pilier de l'exécutif avait catégoriquement nié pendant plusieurs mois l'existence de ces comptes.
L'affaire Cahuzac, le plus retentissant scandale politique des dernières années en France, a conduit au renforcement des outils de lutte contre la fraude fiscale et des règles de transparence imposées aux élus.
(Source : AFP)

