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Moyen Orient et Monde

La purge se poursuit : 28 maires relevés de leurs fonctions

Turquie
OLJ
12/09/2016

La Turquie a relevé hier de leurs fonctions 28 maires soupçonnés d'être liés aux militants kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou à l'ex-prédicateur Gülen, accusé d'être à l'origine du putsch avorté de mi-juillet, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Suleyman Soylu. Les 28 élus démis de leurs fonctions ont été remplacés par des administrateurs proches du parti au pouvoir, a précisé le ministre dont les propos ont été reproduits par l'agence de presse Dogan.
Les mairies ne peuvent être contrôlées plus longtemps par « les terroristes ou leurs chefs qui donnent des instructions de Qandil (bastion du PKK en Irak) », a estimé M. Soylu. Les mairies concernées sont situées en grande partie dans des régions du sud-est de la Turquie et peuplées en majorité de Kurdes. Certaines d'entre elles, telles Sur et Silvan dans la région de Diyarbakir, ou Nusaybin dans celle de Mardin, sont connues pour abriter des centres de la rébellion kurde du PKK. 24 des 28 maires sont accusés d'avoir des liens avec la milice kurde et les quatre autres avec la confrérie güleniste, a dit le ministre de l'Intérieur, précisant que 12 d'entre eux étaient déjà emprisonnés.
Cette réorganisation a été mise en œuvre dans le cadre de l'état d'urgence décrété après la tentative de coup d'État du 15 juillet. « C'est une violation des droits de l'homme » et des « traités internationaux », a réagi le parti HDP (Parti démocratique du peuple, prokurde) dans un communiqué. « Il n'y a pas de différence entre bombarder un Parlement élu par le peuple et déloger des élus municipaux » désignés en 2014, a-t-il estimé.
De son côté, l'écrivain turc Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature en 2006, a dénoncé hier l'arrestation d'un journaliste influent en Turquie, estimant dans une tribune publiée en Italie que son pays fonçait « vers un régime de terreur ».
« Je suis très en colère, j'exprime ma critique la plus virulente contre l'arrestation de l'écrivain Ahmet Altan, une des signatures les plus importantes du journalisme turc, et de son frère Mehmet Altan, universitaire et économiste de renom », écrit M. Pamuk dans cette tribune en une de La Repubblica. « En Turquie, on est en train, petit à petit, d'enfermer dans des cellules toutes les personnes qui se permettent d'exprimer les critiques même les plus minimes sur les actions du gouvernement (...), sur la base de la haine la plus féroce », ajoute-t-il. Orhan Pamuk, déjà critique du président Erdogan avant le coup d'État manqué de juillet, ne s'était encore pas exprimé publiquement sur la vague de purges sans précédent engagée par Ankara.
(Source : AFP)

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