« Certaines femmes victimes de viol » auraient donc « poussé des hommes à les violer ». C'est textuellement ce qu'a affirmé hier le député de Zahlé, Élie Marouni, devant un parterre de militantes féministes qui réclamaient l'abolition de l'article 522 du code pénal, notamment. Un article exemptant de toute sanction un violeur s'il épouse sa victime, pour ne citer que cet aspect du texte de loi. Le député maronite, dont les propos ont été retransmis par la chaîne LBCI, a précisé que ces cas qu'il évoque ont eu lieu au vu de « certaines circonstances » et que « la femme libanaise bénéficie du privilège de pouvoir refuser d'épouser son violeur, contrairement à des femmes venant d'autres pays ». Drôle de privilège ! Que faites-vous donc, Élie Marouni, de la pression qu'exercent la famille, la société et les communautés religieuses sur les jeunes femmes victimes de viol ?
Le député Kataëb de Zahlé s'est donc prononcé contre la suppression de cet article, préférant « sa réécriture ». Il a toutefois omis de dire sur quelles bases, contrairement à son confrère des Forces libanaises, Élie Keyrouz, qui a tout bonnement proposé une abolition de la loi controversée.
Honte à vous, Élie Marouni, pour avoir tenu de tels propos ! Des propos aussi sexistes que discriminatoires vis-à-vis de vos compatriotes de sexe féminin, de vos électrices aussi, oserais-je dire. Des propos qui datent d'une autre époque et qui montrent un côté profondément misogyne. Indigne héritage d'une culture locale profondément machiste !
Vos tentatives d'explication après votre lamentable prestation n'y changeront rien. Elles ne tiennent pas la route. Et montrent votre méconnaissance de la réalité – souvent dramatique – que vivent les femmes libanaises, notamment celles issues de milieux socio-éducatifs défavorisés et des zones rurales.
Votre communiqué nocturne, dans lequel vous dénoncez une machination, avant de vous rétracter et de retracer le combat du parti Kataëb pour l'égalité des droits entre la femme et l'homme, vient un peu tard, malheureusement.
Honte à vous aussi, Élie Marouni, pour avoir tourné en dérision la cause féminine libanaise, et par le fait même toutes les femmes du pays victimes de lois iniques et machistes !
Honte à vous, enfin, pour avoir tourné en ridicule une journaliste qui vous a tenu tête !
Mais elles vous l'ont bien rendu, les femmes libanaises ! Les réseaux sociaux ne parlent plus que de vous, désormais, partageant sans arrêt votre allocution retransmise par la télévision. Non seulement vous avez mis en colère les femmes de notre pays. Mais à leurs yeux, vous devez assumer les conséquences de vos propos.
Au final, vous aurez au moins réussi à réaliser une chose : vous tourner en ridicule et retourner les femmes contre vous. Belle réussite, à quelques mois des législatives !
Un viol est un viol, Élie Marouni ! Autrement, il ne s'appellerait pas viol, mais relation sexuelle consentie.
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Vous oubliez que vous etes au Moyen-Orient, ou le viol n'est pas reconnu....
16 h 08, le 11 septembre 2016