Accusé de matraquage fiscal au début du quinquennat de François Hollande, le gouvernement socialiste français a annoncé vendredi une série de réductions d'impôts à moins de huit mois de la présidentielle du printemps 2017.
L'exécutif promet notamment pour l'an prochain une baisse d'un milliard d'euros de l'impôt sur le revenu, qui bénéficiera à cinq millions de contribuables. Cette réduction s'inscrit dans un mouvement engagé en 2014, qui a déjà conduit le gouvernement à abaisser à trois reprises le montant de cet impôt emblématique, pour "rendre aux Français une partie des efforts qui leur avaient été demandés" en 2012 et 2013, selon le ministre des Finances Michel Sapin. "Au total, les baisses d'impôt sur le revenu décidées par le gouvernement depuis 2014 atteindront donc six milliards d'euros", a assuré M. Sapin dans un entretient avec l'AFP.
Le président François Hollande, à qui les sondages ne donnent quasiment aucune chance de réélection en cas de candidature à un second mandat, avait évoqué en mai ce nouveau geste fiscal, en le conditionnant à l'existence de "marges de manoeuvre budgétaire". Il faudra pour cela "avoir une perspective de croissance de 1,7%" l'an prochain, avait-il précisé.
Mais la croissance française a connu un coup d'arrêt inattendu au printemps (0%), après +0,7% au premier trimestre. Et les perspectives pour 2017 se sont assombries, avec la multiplication des attaques terroristes et les incertitudes liées au Brexit.
Du côté des entreprises, M. Sapin a annoncé que le taux d'impôt sur les sociétés, actuellement de 33%, serait ramené à 28% - son niveau moyen en Europe - pour les petites et moyennes entreprises en 2017 et 2018, puis "pour toutes les entreprises" d'ici à 2020.
Pour l'exécutif, soucieux de faire oublier les hausses d'impôts et le fameux "ras-le-bol fiscal" du début du quinquennat, mais aussi de mettre en avant son "sérieux budgétaire", l'enjeu est crucial.
"La situation budgétaire était très mauvaise en 2012, dans un contexte de crise européenne. Nous avons fait le choix qui s'imposait", assure M. Sapin. "Cette stratégie a été payante car elle a permis de baisser continûment les déficits".
Malgré ces gestes fiscaux, M. Sapin a assuré que le déficit public serait ramené à 2,7% du produit intérieur brut (PIB) en 2017, comme la France s'y est engagée.
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France : à moins de 8 mois de la présidentielle, le gouvernement promet des baisses d'impôts
AFP / le 09 septembre 2016 à 13h35


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