La nomination de José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, comme conseiller sur le Brexit par Goldman Sachs en juillet a déclenché une polémique en Europe. François Lenoir/Reuters
La médiatrice de l'Union européenne a écrit au président de la Commission, Jean-Claude Juncker, pour obtenir des clarifications sur l'embauche de son prédécesseur José Manuel Barroso par Goldman Sachs, suggérant une révision du code de conduite des commissaires.
« La nomination, que la Commission estime être en conformité avec le code de conduite, soulève des interrogations quant à la pertinence du code en lui-même », observe Emily O'Reilly dans une lettre publiée hier sur le site du médiateur chargé d'étudier les plaintes à l'encontre des institutions de l'UE. « Il n'est pas suffisant de dire qu'aucune règle n'a été enfreinte, il faut considérer l'esprit et l'intention que sous-entend l'article en question du traité et modifier le code pour refléter cela précisément », ajoute-t-elle.
La nomination de José Manuel Barroso comme conseiller sur le Brexit par Goldman Sachs en juillet a déclenché une polémique en Europe. La Commission a toutefois estimé qu'aucune règle n'avait été transgressée, rappelant simplement qu'il restait tenu au « secret professionnel ». Le code de bonne conduite signé par les commissaires prévoit en effet une période de « refroidissement » de 18 mois à l'issue de leur mandat, durant laquelle ils doivent demander une autorisation à leur ancien employeur avant de pouvoir rejoindre un groupe privé. Mais celle-ci ne s'applique pas à M. Barroso qui a quitté ses fonctions en novembre 2014.
Outre des réactions outrées, notamment en France ou au Portugal d'où l'ancien commissaire est originaire, la nomination de M. Barroso a suscité l'inquiétude de plusieurs eurodéputés et une pétition du personnel de l'UE.
Emily O'Reilly juge dans sa missive à M. Juncker ces préoccupations « compréhensibles, étant donné l'importance de son ancienne fonction et la puissance, l'influence mondiale et l'histoire de la banque à laquelle il est désormais lié ». La médiatrice fait trois demandes à la Commission : expliquer les mesures prises pour vérifier la conformité de la nomination aux obligations éthiques, indiquer si elle a demandé ou va demander l'avis du comité d'éthique ad hoc et préciser si elle envisage une réforme du code de conduite des commissaires. Mme O'Reilly suggère à l'exécutif européen d'opter pour une approche « au cas par cas ». « Si cette nouvelle approche proposée pouvait se révéler une procédure plus compliquée, elle éviterait des dégâts potentiels en matière de réputation causés par des cas comme celui-ci », estime-t-elle.
(Source : AFP)


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